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EGLISE SAINT-ETIENNE

(Décembre 2014)

Il faut sauver l’église Saint-Etienne, c’était notre cri il y a déjà quelques années. L’appel a été entendu. Grâce à la Fondation mise en place par M. DAUDRUY, des réalisations ont été faites. Le portail Saint-Martin classé monument historique pourrait bénéficier d’une restauration.
Ceci annoncé par M. Arnaud DAUDRUY et Mme  Stéphanie MICHAUT-DAUDRUY, enfants de M. Marc DAUDRUY.



L'église Saint-Etienne

Jean-Pierre Balier

 

 

 

Bien que des chartes anciennes (1006 et 1088) attestent de l'établissement de l'église Saint-Etienne, il est très probable qu'elle existait déjà sous ce vocable a la fin du premier millénaire. Modeste lieu de culte dépendant de l'Abbaye de Fécamp, elle accueillait la population maritime déjà nombreuse.

En 1506, Antoine Bohier, XVe Abbé de Fécamp, décida d'entreprendre la réédification de l'église pour lui donner de plus amples proportions. Au moment de son départ pour l'abbaye St-Ouen de Rouen, seuls la tour, le transept, l'abside et le portail méridional (classé) étaient achevés, et on en resta là.

Le vendredi 23 juillet 1563, d'après un témoin oculaire de l'époque, Charles IX et Catherine de Médicis, sa mère, de passage à Fécamp, furent accueillis dans la liesse générale; on tira même des salves d'artillerie à l'aide de deux canons placés préalablement dans la tour de l'église par crainte des protestants... Mais le zèle intempestif d'un des canonniers embrasa la tour! De l'église, il ne subsista que le sanctuaire, le transept et le portail méridional. Commencés aussitôt après la catastrophe, les travaux de rénovation durèrent 15 ans. Toutefois, l'église restera privée d'un clocher digne de ce nom jusqu'au XIXe siècle...

Jusqu'à la Révolution, l'église connut des embellissements successifs dont la réalisation fut possible grâce à la générosité des paroissiens ; la « paroisse du port » était devenue la plus importante des paroisses que Fécamp comptait alors.

Ces mêmes paroissiens se montrèrent hardis durant les années sombres de la Révolution, n'hésitant pas à faire front devant les injonctions et vexations de l'Assemblée communale, mais ils ne purent empêcher l'enlèvement des cloches ni la spoliation de biens mobiliers. Et l'église se dégrada: en 1793 elle présentait un aspect lamentable... Le culte fut interdit et l'édifice connut des destinations bien éloignées de son objet: caserne, prison, grenier à fourrage... La municipalité écrivit même au Sous-Préfet qu'il conviendrait, entre autres pour des raisons de sécurité, de démolir l'église.

C'en était trop pour les paroissiens dont l'émotion fut à son comble. Ils décidèrent de prendre à leur charge les travaux de consolidation puis de rénovation, et l'église put être rendue au culte en 1802.

Des travaux successifs firent de l'église Saint-Etienne l'édifice que l'on connaît actuellement: elle fut agrandie vers l'ouest en 1830 ; la nouvelle sacristie date de 1852, et le grand portail de 1865. L'architecte Camille-Albert commença l'édification du clocher en 1887 ; après un temps d'arrêt, il ne sera complètement achevé qu'en 1904 avec ses 4 clochetons caractéristiques dont l'un fut tronqué par la foudre le 3 septembre1915 : le morceau détaché tomba à l'intérieur de l'église, tuant une personne et blessant une autre... Deux chapelles nouvelles, au nord-est, datent de 1902, tandis que le rehaussement de la couverture au sud-ouest à la fin du XIXe siècle, avait permis la création d'une chapelle.

A l'intérieur, on remarque une statue équestre de Saint-Martin, en bois du XVIIIe siècle, et deux autres, de Saint-Pierre et de Saint-Etienne, la chaire, du XVIIIe siècle, provenant du couvent des Capucins, le maître autel en marbre, de 1882, un tableau de Le Mettay « Jésus à la colonne » offert par l'auteur en 1759, et également 19 belles verrières et 2 rosaces, la plupart posées à la fin du XIXe siècle.


Eglise de la Paroisse Saint-Guillaume de Volpiano de Fécamp, Saint-Etienne reste le lieu de prière privilégié des marins : chaque année, vers le mois de février, a lieu la « Saint-Pierre des Marins», perpétuant le souvenir du Grand Pardon qui marquait le départ des terres-neuvas.

D'aprés les ouvrages « L'église Saint-Etienne de Fécamp », Daniel Banse  1922,

et « Saint-Etienne de Fécamp - l'église aux cent merveilles », David Bellamy


Il faut sauver l'église Saint-Etienne

 

Restaurée après les incendies, rescapée de l'acharnement anticlérical et des guerres successives, l'église lutte aujourd'hui contre des agresseurs plus sournois : les tempêtes, la pollution, l'ébranlement de ses fondations voisines des souterrains de Fécamp et malmenées par le passage des poids lourds là où ne circulaient autrefois que des charrettes... si bien que l'église Saint-Etienne est devenue fragile et se détériore peu à peu. En témoignent, entre autres, le cisaillement des meneaux de certaines verrières (notre photo), cette pierre grosse comme le poing qui s'est détaché de la voûte une nuit du mois de juin 1998, « l'envol » du coq et de la croix de fer le soutenant, le tout venant s'abattre à la suite d'une tempête près du parking des taxis, les infiltrations d'eau dans les greniers, l'effritement des joints des pierres dans le clocher, les protections en grillage des verrières complètement rouillées ou disloquées, etc.

Ceux qui ont voulu s'approprier les édifices religieux au début du siècle dernier ont rendu un fier service à l'Eglise en laissant le soin à l'Etat et aux communes d'entretenir les bâtiments... A Saint-Etienne, l'entretien incombe à la Ville de Fécamp et il ne faut pas mésestimer l'effort des différentes municipalités dans ce domaine. Ainsi, ces dernières années, la réfection complète de trois verrières, la repose d'une croix de pierre  au-dessus du grand portail, le rejointoiement des briques de la tour à droite de l'entrée, les multiples interventions sur la toiture et surtout la consolidation de la voûte de la croisée des transepts ont été menés à bien grâce aux efforts conjugués de la Ville et du Département ; mais il reste beaucoup à faire pour consolider et sauvegarder notre église...

Voici quelques années, M. Jean-Claude Michel, alors maire de Fécamp, avait pris conscience de l'état de vétusté de l'édifice ; il avait fait faire un diagnostic complet par les Services techniques de la ville et avait lancé l'idée d'un plan de réhabilitation sur plusieurs années : c'était la sagesse même, mais ce plan ne vit pas le jour même si, entre temps, on para au plus pressé.

La Mairie, bien informée du problème de la sauvegarde de Saint-Etienne, nous a fait savoir que, malheureusement, il n'y avait pas beaucoup à espérer dans l'immédiat, étant lourdement engagée dans un projet de restauration de l'abbatiale avec l'Etat !