Les travaux de restauration de l’abbatiale La Trinité de Fécamp
(vu au travers de la presse locale)

La
première étude de restauration de l’abbatiale remonte
à 1994 - il y a donc 15 ans - au départ le chantier
devait être achevé en 2001 ; en fait, le
ministère de la culture avalise le projet dit définitif
en 2001 et ensuite vienfra l’étude du plan de financement
Début
2005, les fécampois étaient informés
officiellement du début des travaux de la façade sud
très dégradée par l’usure du temps (air marin,
pluie, gel et pollution) voire dangereuse (chute de pierres)
En
réalité, depuis octobre 2004, les échafaudages se
faisaient attendre ; le chantier ne commencera qu’en juillet 2005
seulement par l’arrivée des cabanes de chantier, puis en juillet
2006 par les échafaudages et enfin en décembre 2006 par
le début effectif du travail
La durée était programmée à 16 mois.
En
fait, il y eut à cette époque un « arbitrage
budgétaire » ou dit autrement : la Ville
n’était pas prête quand l’Etat l’était (en 2002)
puis à l’inverse l’Etat n’était plus prêt en
2005-2006
Aujourd’hui encore le chantier n’est pas terminé
avec encore en cours une travée et un contrefort ; la fin
du chantier est programmée en juin 2009 après donc deux
ans et demi de travaux (et non pas 16 mois).
Le coût des travaux : 2,7 millions d’euros.
La participation au financement :
- 30% l’Etat ou 785 000 euros,
- 24% la Région 630 000 euros dans le cadre du contrat de plan,
- 21% la Ville de Fécamp ou 550 000 euros sous forme d’un fonds de concours,
- Le Département 547 000 euros sur un budget total de 575 000
euros attribués aux monuments classés, les fonds étant payable sur une
présentation de facture définitive donc les versements d’acomptes se
feront par la Ville
La localisation des travaux :
On
a parlé de plusieurs tranches de travaux (de trois tranches sur
15 ans), et puis d’une seule tranche allant du portail ouest axial au
portail latéral sud (5ème travée), en
réalité les travaux portent sur les 4 travées 10
à 7 incluses.
Les intervenants :
Le propriétaire du monument est la Commune.
Du fait du classement aux Monuments historiques de la France, le maître de l’ouvrage est l’Etat.
L’affectataire est la paroisse Saint-Guillaume.
Il faut ici citer l’association des amis de l’abbaye.
Notre
association n’ayant qu’un rôle informatif : s’informer pour
elle-même et informer ses adhérents ainsi tous les
fécampois
Les six lots sont : la maçonnerie, la sculpture, la charpente, la couverture, la ferronnerie et les vitraux plus l’évacuation des eaux.Les entreprises bénéficiaires des lots :
- La
Société TERH de Vernon, avec une agence à Lisieux,
chef de chantier Paul Marmignon à la tête d’un chantier de
6 à 8 personnes dont trois tailleurs de pierre, l’un d’entre eux
est appareilleur, et deux maçons.
- Ateliers Mainponte de Mondoubleau pour la sculpture.
- Entreprise Lanfry pour la charpente.
- Entreprise Boutel de Rouen pour la couverture.
- Atelier Forfait de Grand Couronne pour la ferronnerie.
- Atelier Courageux de Crèvecoeur le Grand pour les vitraux.
Les travaux eux-mêmes :
140 m3 de pierre à changer soit 336 tonnes (1 m3 pèse 2,3 tonnes).
Certaines pierres sont nettoyées et conservées, d’autres les plus usées sont changées.
Le
parement posé est de 20 centimètres environ parfois plus
profond pour maintenir et adhérer à l’ensemble de la
structure.
La plupart des blocs de pierre pèse 500 kilos. Les joints sont au coulis de chaux.
Un
tailleur de pierre traite un bloc de pierre par jour de l’état
brut à prêt à poser-sculpté ; la pierre
est mise en place par le maçon.
La pierre précédemment utilisée :
- A l’extérieur
le tuf, parfois la pierre de Caen, le grès de
Fécamp ; avec le temps elle grisait et s’effritait.
- A l’intérieur, nous avons une pierre calcaire assez tendre.
La pierre utilisée pour les travaux :
Elle vient d’Espagne près de Valence ; c’est un grès dénommé le bateig ; une pierre semi-dure.
Elle a été choisie parce que plus dure que celle précédente mais aussi l’une des plus proches.
Le grès des Vosges avait été pressenti mais n’a pas été retenu.
Le
travail accompli ne sera vraiment visible qu’après le retrait
des échafaudages ; mais on peut d’ores et
déjà admirer dans les hauteurs les colonnettes
situées sous les arcs-boutants ainsi que les modillons en
trèfle ou autres sous la gouttière ; bien que
surpris par l’état de neuf et par le contraste avec les parties
anciennes, on ne peut que féliciter ce beau travail accompli qui
est peut-être fait pour 1000 ans, celui antérieur ayant
duré presque 800 ans.
Concernant la suite des travaux,
on a parlé de terminer le côté sud ; de la
partie nord de l’édifice avec une enveloppe de
4.830.000 euros ; de la nef, du chevet…
On a peu d’information sur la toiture : état actuel et travaux à prévoir…
On
a parlé de 17 années consécutives de travaux dont
2,5 seraient déjà réalisées.
Le contexte
économique est devenu défavorable pour la poursuite de
ces travaux et pourtant tout récemment le plan de relance de
l’Etat devrait bénéficier à plusieurs grands
monuments de la Haute-Normandie pour un montant total de 10 millions
d’euros, avec la restauration surtout de la cathédrale de Rouen
et de l’abbaye du Bec Hellouin.
L’Abbatiale de Fécamp
remonte pour cette partie là de l’édifice
- les 5 dernières travées de la nef - au
début du 13ème siècle sous l’abbatiat de Raoul
d’Argences, très exactement entre 1190 et 1216…
Quels ont été les grands chantiers antérieurs ? Il y en a eu deux principalement :
1°)
au début du 14e siècle, la modification de la partie sud
du chœur avec la suppression des tribunes et la création de
grandes fenêtres puis au 15ème le prolongement de la
chapelle axiale.
2°) à
l’époque de la Renaissance, le portail ouest était
très abimé ; les tours latérales avaient
été endommagées au moment des guerres de religion
- voir certaines gravures - La restauration ne vint qu’au
18ème siècle, le grand portail fût refait dans un
style classique tardif.
En 1840, l’abbatiale de Fécamp est classée monument historique.
Ceci dès la première liste de 1.000 monuments
français - très exactement 1.034 - établie
par les préfets à la demande de Prosper
Mérimée.
Elle figure parmi les 28 monuments de la
Seine Inférieure. Mais elle aurait été
paraît-il le 16ème monument français choisi par
Mérimée.
Cette liste était en fait celle des
monuments pour lesquels des secours ont été
demandés et qui donc nécessitaient des crédits de
l’Etat ; ces crédits attendus en 1840 ne seraient-ils donc
arrivés que 165 ans après à l’occasion de la
restauration actuelle !!
Le 29 mars 2009 Yves Duboys Fresney
