ABSENCE DE MEMOIRE
— Dites-nous où est situé Saint-Clair-sur-Epte ?
— En Pays de Bray, bravo !
— Que nous rappelle cette localité ?
— Le traité 911 – Naissance de la Normandie, très bien !
Les édiles de la Haute-Normandie semblent avoir oublié ce devoir de mémoire.
Par
contre, la Basse-Normandie s’est déjà organisée
pour potentialiser sur cet évènement anniversaire
historique.
Question de culture ? D’opportunités, certes !
Pourquoi s’étonner que la Haute-Normandie regarde passer les touristes venant d’Europe du Nord, au profit de la Basse.
Encore une occasion de manquée !
Le Mot du Président
Cent ans pour le Musée du Vieux-Fécamp
Des souvenirs !...
Dès le début du
XXème siècle, de solides liens d’amitié se nouent
entre des passionnés d’Art et d’Histoire. Ils se
réunissent régulièrement pour échanger
leurs découvertes qu’ils désirent bientôt partager
avec tous les Fécampois.
C’est ainsi qu’ils décident
de fonder l’Association des Amis du Vieux-Fécamp le 18 novembre
1909. Qui ne se souvient pas de son Centenaire,
célébré tout au long de l’année 2009 ?
Ils créent bientôt le
Musée des Amis du Vieux-Fécamp rassemblant des dons de
particuliers et même des objets confiés par la
Municipalité… rappelait Louis Lagarde, notre président
d’honneur, dans le n°45 de Fécamp Forum en avril 2009.
2011 marque un autre Centenaire
Le 2 juillet 1911, à 10
heures du matin, le Bureau de l’Association des Amis du
Vieux-Fécamp qui deviendra plus tard « et du Pays de
Caux » conviait Robert Duglé, maire de Fécamp
et président d’honneur de l’Association, le Conseil Municipal et
les sociétaires, à inaugurer le musée
installé dans les locaux de l’Association et dans ceux
loués également dans ce but par la Ville.
Le récit de cet
événement est présenté sur près de
dix pages dans le Bulletin (le n°2 de 1911… et nous allons
bientôt présenter le n°50 ! ). Compte-rendu qui sera
fin juillet sur Internet et dont le Courrier Cauchois se fera
l’écho au cours du mois de juillet.
Musée constitué de
dépôts ou de transmissions à titre
définitif, par M. et Mme Augustin Le Borgne, à partir des
legs de M. Ernest Le Borgne, dont des manuscrits d’une valeur
considérable, sauvés par Dom Tellier lors de la
Révolution.
On trouvait également une
belle collection numismatique offerte par Alexandre Constantin, puis
encore une grande série d’instruments, d’outils
acheuléens, pour ne citer que quelques exemples parmi tout
un ensemble.
L’Association des Amis du
Vieux-Fécamp était à l’origine de ce mouvement.
Son Président, le Docteur Léon Dufour, ne manqua pas de
marquer sa satisfaction et sa reconnaissance au Maire de Fécamp,
Robert Duglé dont nous citons un court extrait
ci-après :
Mon cher Président,
Vous voulez bien
au nom de votre Association adresser des remerciements au Conseil
Municipal qui vous a aidé à mettre en valeur dans un
cadre approprié les collections qui vous ont été
offertes et feront retour dans un temps donné à la Ville
de Fécamp. Il nous était bien difficile, avouons-le, de
faire autrement. Si en effet, le Conseil Municipal vous a donné
un concours empressé, vous nous avez offert en échange
des dons, des collections extrêmement belles et
intéressantes…
Après avoir
déclaré ouvert le Musée, et la séance
étant levée, M. le Maire commença la visite des
salles. Dans l’après-midi, de 14 h à 17 h, le
Musée a été ouvert pour la première fois au
public qui s’y est rendu en grand nombre. On a enregistré 1218
entrées.
Le musée du Vieux-Fécamp venait de naître.
Ce récit partiel de
l’inauguration de 1911 prend toute sa valeur en ces temps-ci où
il est beaucoup parlé du futur musée : Les
Pêcheries, cité des Terre-Neuvas. Il est attendu avec
impatience. Il a ses vertus, de par sa qualité
muséographique à laquelle Marie-Hélène
Desjardins veille avec compétence et maîtrise. Le choix
des lieux a l’avantage d’épouser le mouvement actuel de
sauvegarde et de reconversion du patrimoine industriel. On en trouve
bien des exemples en parcourant la France, comme La Piscine à
Roubaix ou, tout près de chez nous, La Corderie Vallois à
Notre-Dame de Bondeville (l’histoire de la Société Les
Pêcheries de Fécamp est le reflet d’une période
florissante de la Grande Pêche et de l’implication de la famille
Duhamel qui a honoré la cité),.. D’autre part, sa
situation géographique dans la ville conforte le Pôle du
front de mer qui, associé au Palais Bénédictine,
constitue l’attrait majeur de Fécamp.
Peut-on considérer
aujourd’hui qu’il est l’exemple du mariage « Tradition et
Modernité » thème d’une réflexion
approfondie que notre vice-président Yves Duboys Fresney
présentera dans le Bulletin n°50 ?
De l’autre côté existe
le Pôle tradition et histoire ayant pour centre l’Abbatiale, sa
Porterie, son parvis, ce qui reste des bâtiments conventuels
occupés par l’hôtel de ville, les vestiges du Palais ducal
et la Maison du Patrimoine. Des études ont été
faites, elles existent et devraient amener, tout naturellement, la mise
en valeur de ce second pôle, constituant un thème
différent mais très complémentaire pour la
réussite de l’offre touristique de Fécamp.
Si le futur musée a ses
vertus, il présente le défaut de coûter cher disent
certains ; mais le projet a été
jugé suffisamment valable pour mériter de
bénéficier d’importantes subventions.
Soyons optimistes, et laissons-nous
aller à comparer ce projet et celui qu’a été le
Palais Bénédictine, long à réaliser,
très cher à l’époque. Sans argent, Alexandre Le
Grand pour le construire a fait appel à des partenaires.
« Utopique » disait-on. Aujourd’hui, plus de cent
ans après, nous en apprécions l’héritage et son
impact.
Réussite et
rayonnement : c’est ce que nous souhaitons vivement au futur
musée. Que sa réussite fasse oublier son coût, et
le temps qui a paru long de l’attendre.
Alors les Amis du Vieux
Fécamp et du Pays de Caux auront la satisfaction de songer qu’il
y a cent ans ils prenaient part à ses débuts, sans
oublier bien sûr tout ce qu’il a fallu de compétences et
d’engagements au fil du siècle, avec des apports successifs.
Nous pouvons penser, entre autres, à tout ce qu’a laissé
André-Paul Leroux, un de nos anciens présidents, et
notamment sa collection d’ivoires, contribuant à ce que le
musée de Fécamp fasse partie des beaux musées de
France. Rendez-vous en 2012.
Bien cordialement à tous.
Jean-Claude OMONT