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Le Patrimoine de Fécamp

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L'Association des Amis du vieux Fécamp et du Pays de Caux

Le saviez-vous ?

Chaque mois, les Amis du Vieux-Fécamp attirent l’attention sur un élément du patrimoine local.



Auguste CORNEILLE

maire de Fécamp du 12 juin 1867 au 5 octobre 1870


Descendant direct de l’auteur du Cid, il est né à Poitiers en 1831. Son père devint député de la Seine-Inférieure. Le jeune Auguste fréquente le Collège de Rouen (Lycée Corneille aujourd’hui) puis passe une licence de droit à Paris, ce qui lui permet de devenir secrétaire du Préfet de Seine-Inférieure. Il épouse Fanie Couillard, la fille d’un tanneur fécampois avec lequel, dans un premier temps, il s’associe, puis il lui succède. La tannerie se trouvait le long de la rivière, actuellement rue du Grand Moulin.
Juge au Tribunal de Commerce en 1868 il est promu Président en 1880. Il siègera à la Chambre de Commerce comme Président de 1883 à 1891.
En 1867, le maire de Fécamp, Jacques Huet, décède en cours de mandat. Auguste Corneille premier adjoint est élu à sa place. Il siègera jusqu’en 1870. Démissionnaire après la défaite de Sedan à cause de ses opinions bonapartistes, le Conseil Municipal l’élit le 6 septembre, mais il est remplacé le 1er octobre 1870 par Alexandre Legros, par autorité gouvernementale. Durant sa mandature, il transforme le port, crée des abattoirs et fait reconstruire le marché. Il apporte beaucoup d’importance à la restauration de l’Abbatiale.
Il écrivit une étude statistique sur la Seine-Inférieure industrielle et commerciale en 1873 et des évocations des légendes de la côte normande, « la châtelaine des Hogues et le capitaine Bois-Rosé ».
Il s’éteignit le 27 janvier 1892 en son domicile du 10 rue de Giverville à Fécamp. Deux enfants naquirent en notre ville , Jeanne-Marie et Pierre Eugène.


Source : bulletin des Amis du Vieux-Fécamp N°38 de 1982.



LA MAISON LEMESLE de 1833

C’est ainsi que les fécampois, au 20ème siècle, désignaient une entreprise composée d’une boucane mais aussi d’une très belle demeure. Cet ensemble est situé au 62 rue Herbeuse. La boucane a été détruite par arrêté municipal, nous y reviendrons dans un autre sujet.

Aujourd’hui, l’histoire de la demeure mérite d’être portée à la connaissance de tous. Elle a été classée par la ZPPAUP de « grand intérêt architectural ». Elle figure dans les registres du patrimoine en tant que Hôtel FRERET, le nom de son bâtisseur.

Adrien FRERET (1782-1865) était un important marchand de bois à Fécamp. Il deviendra en 1850 le 2ème président de la Chambre de Commerce.

Propriétaire d’un grand terrain en bordure sud de la « retenue », il en fut exproprié pour l’agrandissement du bassin Bérigny. C’est avec le produit de cette vente qu’il fit construire cet important hôtel particulier au fond d’un parc entre la rue Herbeuse et la rue Maupas. Cette demeure était proche de l’importante scierie qu’exploitait Adrien FRERET, à l’angle du quai de la Vicomté et du Perret.

Peu après sa mort, elle est reprise par Gustave COUILLARD, notaire retraité de Criquetot l’Esneval. Puis, vers 1900, Gustave LEMESLE fit construire une boucane, détruite aujourd’hui. Le parc disparut et la maison ne fut plus visible du domaine public. Plusieurs générations de LEMESLE s’y sont succédées : Philippe, puis ses enfants, Philippe, Anne-Marie et Hubert. Mme Philippe LEMESLE et sa fille Anne-Marie l’ont habitée jusqu’en 2000.

Reprise par SERI OUEST avec l’ensemble des terrains et la boucane pour un projet immobilier de 32 logements, heureusement avorté. Elle fut vite recédée à un architecte fécampois qui prit l’engagement d’assurer la restauration à l’identique pour l’ensemble des façades. En personne qualifiée, il confia les travaux à l’entreprise MAGNAN reconnue pour son talent.

Aujourd’hui les photos avant/maintenant attestent de la qualité de cette restauration heureuse, strictement respectée, initiative à caractère privé qui obligea la rentrée d’une grande quantité de pierre provenant de Saint-Maximin dans l’Oise.

On peut dire aujourd’hui que les projets SERI OUEST ont avorté, que les terrains qui entourent cette belle demeure recevront une construction modérée plus en harmonie avec ce que doit proposer une ville touristique comme Fécamp.
                                                                  
Source : Louis Lagarde



La maison Lemesle avant travaux


Actuellemnt après restauration


LE TRIBUNAL DE COMMERCE

Place Bellet à Fécamp, on remarque bien sûr cet imposant édifice. Beaucoup s’étonnent qu’il semble être abandonné avec des vitres cassées, remplacées par du contre-plaqué, des gouttières bouchées qui provoquent l’humidification du bâtiment au point de nécessiter un filet de protection à l’un de ses angles : c’était le Tribunal de Commerce. Depuis son rattachement à celui du Havre, fin 1999, il n’a pas été trouvé d’utilisation pour ce bâtiment appartenant au Département. Inauguré en 1878, il a abrité également la Chambre de Commerce et d’Industrie jusqu’en 1986.
L’édifice, de style Louis  XIII, a belle allure avec son corps central délimité par deux pilastres et surmonté d’un fronton en arc de cercle prenant naissance dans la toiture. C’est l’œuvre de l’architecte Émile Bénard qui fut Premier Grand Prix de Rome à 23 ans et à ce titre Pensionnaire de la Villa Médicis à Rome. Il exerça ensuite au Havre et à Paris. Il remporta le concours international pour la réalisation de l’Université de Californie à San Francisco puis s’installera à Mexico où il construit le Palais législatif fédéral et divers immeubles encore existants.
Né à Goderville en 1844, il est décédé à Paris en 1929. Peintre également, il réalisa de grands formats d’inspiration religieuse comme le ’’Christ au Calvaire’’ que l’on peut admirer dans la Salle des Audiences du Tribunal.
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Source : Jean-Pierre Durand
(Sur ce sujet, on pourra retrouver un article détaillé dans le N°11 /2004 des Annales du Patrimoine de Fécamp, pp. 76-83).


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LA MÂTURE 

Qui se souvient de la potence métallique qui ornait l’extrémité du bassin Bérigny ?
Sur les cartes postales, elle surplombe les mâts des nombreux voiliers. Elle donne l’impression de commander l’armada des quatre-mâts rangés devant elle. Penchée en avant, elle semble donner l’ordre de se ranger, comme à la parade, mais aussi de prendre le départ pour les mers lointaines…
Dans son livre « Il était une fois un port », repris dans le bulletin 48 de 2006 des Amis du Vieux-Fécamp, Jean-Pierre Balier en retrace l’historique :
« En 1859, la Chambre de Commerce donne son accord pour établir une mâture dans le bassin à flot. Elle sera érigée en 1861 à l’extrémité du bassin Bérigny et déplacée en 1870 quand le bassin sera prolongé.
En 1893, au cours d’une tempête, un navire norvégien abat la mâture. Une potence provisoire fonctionne jusqu’en novembre 1896, date de réception des travaux de la nouvelle mâture.
En 1964, démolition du monument remarquable. »

Fécamp privée de ce qui aurait pu lui servir d’emblème, verra  le déclin de la Grande Pêche et des Terre-Neuvas.
La mâture, même disparue, laisse son nom à la place et au parking entre le centre-ville et le port.




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LA MÂTURE  (suite)

Dans un précédent article, les Amis du Vieux-Fécamp et du Pays de Caux  évoquent l’histoire de la mâture, cette potence restée dans la mémoire des Fécampois.
Consultons l’édition du Progrès des 24 et 26 décembre1962 :
« Sa démolition s’effectua le 23 décembre 1962 en présence d’une foule nombreuse accompagnée de MM. Sadorge, maire ; Jouen, adjoint ; Lebeau, ingénieur TPE et Cahard, officier de police. Vers 10 heures, sous la surveillance attentive de M. Malandain, directeur des Constructeurs fécampois, la haute silhouette de 26 mètres se renversa pour s’écraser sur le quai dans un grand fracas. Aussitôt, les chalumeaux découpeurs permirent de faire disparaître les morceaux.
Cet engin portuaire, indispensable au temps des voiliers, devint désuet et inutile et ouvrit la voie à l’exploitation maximale du quai. »
La mâture était un symbole, un emblème qui caractérisait Fécamp, capitale des Terre-Neuvas. Sa disparition marqua la fin d’une période faste.






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Journal de Fécamp 8 juin 1921

Grave accident de Chemin de fer à Fécamp

Un train de marchandises « brûle » la gare et tamponne sur le quai Bérigny, une locomotive attelée

Un mort et des blessés. Les dégâts sont considérables


Un accident épouvantable et dont les proportions auraient pu être celles d’une catastrophe s’est produit ce matin, à 7 h 20 quai Bérigny, en face la scierie de M. Piot et la Société des anciens Etablissements Charles Le Borgne.
C’est miracle que nous n’ayons pas eu à déplorer la mort de nombreux ouvriers des quais et du port. Le bilan des victimes est déjà trop lourd, puisque le mécanicien du train tamponneur a été écrasé, déchiqueté, sous les roues du wagon du convoi qu’il conduisait. Le chauffeur est assez sérieusement blessé. Plusieurs hommes d’équipe ont été touchés. Fort heureusement, leur état n’inspire pas d’inquiétudes.**
Le train de marchandises n° 4105, venant de Sotteville-lès-Rouen, comprenant trente-six wagons, et d’un poids total de 585 tonnes, entrait en gare à 7 h 20 à une vitesse de plus de 60 kilomètres à l’heure. On devine l’émotion du personnel des chemins de fer en le voyant passer. Une locomotive manœuvrait quai Bérigny, où elle refoulait une rame de wagon. Un accident était inévitable. Quelques minutes après dans un fracas épouvantable, le convoi s’abimait contre la locomotive, cependant que défoncés, éventrés, les wagons se cabraient ou se retournaient, dans un enchevêtrement de planches, de futs marchandises de toutes sortes.
Comprenant le danger qui les menaçait, le mécanicien et le chauffeur de la locomotive tamponnée 030342, sautèrent à temps de leur machine et furent assez heureux pour se retirer indemnes.
Il ne devait malheureusement pas en être de même de l’infortuné mécanicien qui conduisait le train tamponneur. Son camarade, le chauffeur Louis Angot, du dépôt de Sotteville, a pu sauter de sa machine, au moment où le convoi passait dans la gare. On le relevait peu après avec de multiples contusions à la tête et au crâne, qui nécessitèrent son admission à l’hospice, mais ne semblent pas, jusqu’ici du moins, en danger.
Sept autres employés (conducteurs, serre-freins) ont fait de même et s’en sont tirés avec des blessures superficielles à la tête et aux jambes.
Pour échapper à une mort certaine le mécanicien Troallic, du dépôt de Sotteville également, n’avait plus qu’à imiter le geste de ses collègues. Hélas, cette suprême ressource ne devait pas lui réussir !!
Sous les wagons enchevêtrés, on retrouva les restes du malheureux qui, détail navrant, avaient été trainés sur un parcours de 30 mètres. Nous renonçons à décrire l’état lamentable de la pauvre victime : les membres gisaient épars, les yeux étaient arrachés de leur orbite, la cervelle pendait aux roues des voitures déchiquetées ,cabrées, à demi retournées.
Avec toutes les précautions que l’on devine le personnel de la gare, la gendarmerie et la police locale s’efforcèrent de recueillir les restes du pauvre cheminot, cependant que l’administration des chemins de fer de l’Etat et M. Cagnon commissaire, informaient le dépôt de Sotteville et cherchaient à se procurer l’état civil du défunt.
Prévenu aussitôt, M. Adam, Directeur de la Société les Pompes funèbres, et le gendarme Lacreuse se firent un devoir de mettre la dépouille mortelle du mécanicien Troallic à l’abri des curiosités indiscrètes. La mise en bière a commencé aussitôt, en présence de quelques personnes dont l’attitude recueillie trahissait l’émotion.
A l’heure où quelques brebis galeuses semblent s’appliquer, par leurs agissements malhonnêtes, à ternir la réputation d’une corporation, très saine dans l’ensemble, nous avons le devoir de nous incliner bas devant les restes de ces infortunées victimes qui tombent ainsi en service commandé.
Dès que la nouvelle de l’accident fût connue en ville - et elle ne tarda pas à se répandre jusque dans les quartiers les plus éloignés du centre des affaires - ce fut un défilé ininterrompu de curieux sur le quai Bérigny. La gendarmerie et la police durent établir un service d’ordre. A certains endroits, la chaussée est à peu près complètement obstruée.
Des wagons sont tombés de chaque côté de la voie. Celle-ci a beaucoup souffert dans l’ensemble. Entre la gare et la barrière, le rail a cédé sur une certaine longueur. C’est miracle, disons-nous plus haut, que nous n’ayons pas à enregistrer une catastrophe qui aurait porté le deuil au foyer de beaucoup de nos concitoyens.
Quand on pense à la circulation et au mouvement que l’on constate, à chaque instant du jour, à proximité du bassin, on s’étonne que des ouvriers ou des passants n’aient pas été fauchés ou écrasés par les wagons. Cela tient, sans doute, à l’heure encore un peu matinale à laquelle l’accident s’est produit, le trafic n’était pas encore en plein rendement.
Un des wagons est venu s’écraser contre l’établissement de M. Piot. Une charrette qu’un domestique allait atteler et qui contenait un chargement de planches a reçu le choc. Le conducteur, M. Léonard Follain, peut se vanter de l’avoir échappé belle. Le cheval a été légèrement blessé. Entre la bascule municipale et la voie, les voitures dansent une sarabande folle. Le tender est complètement retourné. Des wagons ont été projetés qui le recouvrent entièrement.
Le chalutier « Marguerite-Marie », armateur « La Pêche Française », qui se trouvait amarré quai Bérigny n’a pas été touché. Si, par malheur, le tamponnement s’était produit un peu plus loin, le bateau aurait été noyé sous les décombres de toutes sortes.
Un pylône de la compagnie d’électricité a été littéralement fauché, il git le long de la voie ferrée.

 Les victimes

Le mécanicien, tué au cours de l’accident, a nom Emile Troallic, né le 17 octobre 1885, au Havre ; il demeure à Sotteville-lès-Rouen, il est marié et père de deux enfants.
Sa veuve est arrivée par le train de 13 h 10, avec son plus jeune enfant.
Le chauffeur, Angot Louis, blessé assez sérieusement, sans que sa vie paraisse en danger, demeure également à Sotteville. Agé de 36 ans, il est marié et a deux enfants.
Les autres victimes, légèrement atteintes a la tête, aux mains et aux jambes sont :
MM. Cadinot Maurice, domicilié à Fécamp, rue  Georges-Cuvier, Maurisse Alphonse, des Ifs ; Helloin Joseph, du dépôt de Sotteville, domicilié à Petit-Queuille ; Guillou, Bonneaux et Janvier Pierre, ce dernier chef de train de Sotteville.

L’enquête

Le parquet du Havre a été saisi immédiatement. Une enquête est ouverte à laquelle nous devons laisser le soin de dégager les responsabilités.
A priori, nous pouvons croire que la déclivité du terrain est une des causes principales de l’accident puisque l’attelage a continué sa route bien que les freins fussent serrés.
                                                                                                                             R.B.
Dernière heure : L’accident de chemin de fer quai Bérigny

Des premiers renseignements de l’enquête, il résulte que le mécanicien Emile Troallic ne s’est pas, comme on l’avait d’abord pensé, jeté du haut de sa machine pour s’arracher à une mort certaine.
Bravant le danger, Troallic est resté à son poste jusqu’à la dernière minute, mais il a fait signe à ses camarades de la machine tamponnée, de sauter.
C’est sous la violence du choc que le courageux mécanicien a été projeté sur la voie.



"crédit photos : famille Le Grand"
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L'ancienne école de musique

L’école de musique de la rue Eugène Marchand est maintenant vide.

Cette belle maison est en très mauvais état malgré son rôle important dans notre cité. Construite à la fin du XVIIIe siècle sans doute par un armateur, la propriété s’étendait jusqu’à la Retenue située en contrebas (à l’emplacement du boulevard de la République et de la voie ferrée) par un massif d’arbres de haute futaie appelé « la promenade ».
Sous la Restauration, en 1821, Dominique Tougard du Bois Rosé, armateur et négociant maritime, y habite.
Puis dans la seconde moitié du XIXe siècle, le Général Pierre-Joseph Robert et son épouse, fille de Jean-Louis Leclerc – maire de Fécamp de 1821 à 1848 – surélèvent la maison d’un étage et l’agrandissent par l’aile droite.
Au décès du Général Robert, la municipalité acquiert cette belle propriété pour construire de 1929 à 1933, en bordure du boulevard de la République, la « Goutte de Lait » du Docteur Dufour, œuvre de l’architecte Mauge.
La demeure est alors affectée au Musée de Fécamp dont André-Paul Leroux est nommé conservateur. C’est en effet ce 3éme Président de l’Association des Amis du Vieux Fécamp qui réalise le désir du Docteur Léon Dufour (1er Président et fondateur de cette association) de confier à la Ville de Fécamp l’ensemble des collections du Musée du Vieux Fécamp de la rue des Forts. Le musée est inauguré le 22 mars 1931.
Non seulement André-Paul Leroux aménage le nouveau musée, mais aussi il classe l’importante collection du Docteur Dufour pour créer le Musée de l’Enfance dans les locaux de la Goutte de Lait.
Les deux musées sont réunis par les jardins où André-Paul Leroux installe les ruines de l’église Saint-Fromond retrouvées dans son propre jardin. .
Dans la cour d’honneur du Musée de Fécamp est alors placée la statue du Docteur Léon Dufour, fondateur de la Goutte de Lait – sculptée par Saladin. Cette statue est maintenant replacée dans le parc de l’ancien Musée-Centre des Arts, rue Alexandre Legros.
Après le transfert des collections en 1960, la maison abrite l’annexe du collège Paul Bert.
Puis la demeure devient l’Ecole de Musique où l’on peut encore voir ce qui reste – dans le jardin – entre la crèche et le musée - les débris abandonnés de l’église Saint-Fromond : deux colonnes et le petit portail.
(source : Louis Lagarde)


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Tour d'abandon

Lors de notre sortie du 6 octobre au Musée Flaubert et d’Histoire de la Médecine de Rouen,  les visiteurs s’intéressèrent au tour d’abandon reconstitué en planches de bois.
Dans le bulletin N° 15 de 1934 des Amis du Vieux-Fécamp et du Pays de Caux, André-Paul Leroux, conservateur du Musée et Président des Amis du Vieux-Fécamp, présente le Musée de l’Enfance. Ces collections furent offertes à la Ville de Fécamp par son créateur, le Docteur Dufour, fondateur de la Goutte de Lait.
Un tour d’abandon était visible :

« L’objet le plus populaire et surtout le plus troublant est un Tour, placé jadis à la porte des hôpitaux des enfants abandonnés. Il fut donné au Docteur Dufour par la direction du musée du Trocadéro et provient d’un hôpital de Paris.
Le Tour fit son apparition en 1471, à l’hospice du Saint-Esprit de Rome et permettait le dépôt des enfants de façon anonyme.
En France, dès le XVIe siècle des princesses s’intéressèrent au sort de l’Enfance abandonnée en créant des maisons, sorte de crèches où étaient soignés Mère et Enfant. Au XVIIIe siècle, saint Vincent de Paul fonde l’organisation des Enfants Trouvés. Aux jours révolutionnaires les maisons d’enfants n’ont plus de protecteurs et la mortalité infantile augmente d’une manière considérable. Dès l’an XIII, puis à partir de 1811, est instituée la création de tour dans chaque hospice, destiné à recevoir les enfants trouvés.
Par la suite, le Peuple voit dans les tours un encouragement à la débauche.
La circulaire du 27 juillet 1838 décrète leur disparition.
Malgré cette décision, certaines maisons charitables conserveront les tours jusqu’à la fin du XIXe siècle. »
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MARENGO, CHEVAL DE NAPOLEON
       
Après la défaite de Waterloo, Napoléon embarque pour l’ile de Sainte-Hélène. Une vente publique disperse ses biens. Son cheval favori, appelé Marengo, nom d’une bataille à laquelle il avait participé, est vendu aux enchères et échoit au docteur Burel de Rouen.
Ce nouveau propriétaire l’attela puis, pris de remords, choisit comme lieu de retraite la Commune de Senneville sur Fécamp et le confia à un fermier qui devait le soigner et ne pas l’utiliser pour quelque travail que ce soit.
Le paysan, avec son sens pratique, voyant ce cheval si fougueux, l’utilisa pour livrer le lait à Fécamp. Pauvre Marengo ! Quelle déchéance ! Avoir porté le maître des batailles au plus fort de la mêlée, avoir suivi l’Empereur déchu sur l’ile d’Elbe, l’avoir ramené triomphalement à Paris, enfin avoir échappé aux balles et aux boulets de Waterloo et maintenant être réduit à porter un bât aussi vulgaire ! On le vit remonter de lourdes charges de varech et ces terribles efforts ne tardèrent point à hâter sa fin.
Monsieur Burel apprit le sort réservé à son pensionnaire et voulut le soustraire à son ignoble gardien. Mais le brillant coursier était mort de fatigue et d’épuisement.
L’histoire de Marengo prend fin en exil à Senneville comme l’épopée de Napoléon s’achève sur une ile lointaine.

N.B. : Un squelette de cheval Marengo existe au musée Tussaud de Londres !
           Deux squelettes pour le même cheval ! Où est la vérité ?
       
Source : bulletin des Amis du Vieux-Fécamp de 1910  
 


Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard
par Jacques-Louis David
 ( château de Malmaison )

LES DYEL DE VAUDROQUE
 
Ancêtres fécampois des familles régnantes de Suède et de Norvège

Une famille Dyel existait en Haute et Basse-Normandie aux XVIIe et XVIIIe siècles et les différentes branches faisaient suivre leur nom de l’appellation de leur domaine.
Les Dyel de Vaudroque possédaient une résidence à Fécamp. Cette maison existe toujours, au 22 rue Eugène Marchand. Elle fut longtemps la propriété de la famille Langaney. Aujourd’hui, cette demeure magnifiquement restaurée a été aménagée en appartements, avec dans la cour, des annexes sur trois niveaux d’un aspect plus contemporain.

Joséphine de Beauharnais, fille de Marie-Josèphe Tascher de la Pagerie (future impératrice Joséphine, après son deuxième mariage avec Napoléon Bonaparte) descendante des Dyel de Vaudroque épousa le fils de Bernadotte, maréchal d’Empire devenu roi de Suède sous le nom de Charles XIV. Ce fils régna sous le nom d’Oscar 1er et préfigure la lignée de la dynastie des souverains actuels de Suède et de Norvège.


22 rue Eugène Marchand
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BICENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE L’ABBÉ COCHET


Dans le bulletin N° 3 de 1912, les Amis du Vieux-Fécamp et du Pays de Caux commémorent le centenaire de sa naissance :
« En sa séance du 28 décembre 1912, le secrétaire  dans son rapport évoque le centenaire de la naissance de l’Abbé Cochet et l’inauguration de son buste dans une des salles du musée des Amis du Vieux-Fécamp. »

Mais qui est donc cet Abbé COCHET dont le nom figure sur des plaques de rues dans les villes d’Étretat, du Havre et de Rouen ?

Jean-Benoit-Désiré COCHET est né le 7 mars 1812 à Sanvic (aujourd’hui rattaché à la ville du Havre)
Il passe sa jeunesse à Etretat, son père ancien militaire est devenu garde-côtes. C’est dans cette commune qu’il découvre les restes d’une villa gallo-romaine et s’intéresse dès cet instant à l’archéologie. Il fut nommé correspondant de la commission départementale des Antiquités, inspecteur des monuments historiques de la Seine-Inférieure puis conservateur du Musée des Antiquités de Rouen. Véritable pionnier de l’archéologie, il a écrit des nombreux ouvrages et publications qui font autorité en la matière. Il est décédé le 1er juin 1875 à Rouen.
 
Il n’existe pas de rue Abbé Cochet à Fécamp, pourtant, en 1852, il dirige les fouilles concernant le cimetière gallo-romain en haut de la rue Queue de Renard, au lieudit le Val-aux-Vaches. En 1863, il découvre des monnaies romaines vers la rue de Mer. En 1872,   il décrit la sépulture romaine extraite de la propriété de Émile Le Borgne, rue des Capucins, qui comporte de nombreux objets trouvés auprès du squelette d’une jeune femme. Ces objets furent d’abord déposés au Musée du Vieux-Fécamp.
Il s’intéresse à notre Abbatiale puisqu’en1871, il fait placer une plaque à l’entrée du chœur, côté sud, rappelant la mémoire de 3 Abbés.




A PROPOS DU CHOIX DE L’EMPLACEMENT
DU MONUMENT " A LA GLOIRE DES ARMÉES "

Dans une publication de mai 1919, l’Association des Amis du Vieux-Fécamp énumère  une proposition d’emplacements pour le futur monument aux morts de la guerre 1914/1918.

Divers endroits ont été préconisés :
  •     1- la place Thiers, au centre
  •     2- la place de l’Hôtel de Ville
  •     3- le jardin de la caisse d’Epargne
  •     4- l’escalier de la gare
  •     5- le terrain côté nord de l’Eglise Saint-Etienne
  •     6- la côte de la Vierge

L’association plaide pour son installation devant le Palais des Ducs de Normandie : « Le plus ancien monument militaire de la Normandie fut le  siège de la résidence des premiers Ducs.
Quelques bâtisses, cachant les vestiges de l’architecture militaire du Xe siècle, sont à démolir. Le monument  se trouvera à côté de l’Abbatiale, la plus belle église du Pays de Caux, et de l’Hôtel de Ville».
Inauguration du plâtre en 1922.
Le monument en bronze réalisé par François SICARD en 1923 sera finalement placé au centre de la place Thiers (actuelle place Général de Gaulle) et inauguré le 14 juillet 1923.



Une cantatrice à Fécamp : Hortense Schneider


Au début du 20ème siècle, une femme distinguée, ornée d’un grand chapeau, se promenait sur la digue-promenade vers huit heures du matin en tenant un enfant par la main.
Cette dame était cantatrice, actrice et grande amie du compositeur Jacques Offenbach qu’elle rencontrait à la villa Orphée, sa résidence d’été à Etretat.
Elle possédait une villa en haut de la rue Onésime Frébourg, avec vue sur la mer, occupée actuellement par monsieur et madame Winsback. Plus tard,  elle déménagea rue de la plage, à côté de l’hôtel d’Angleterre.
A Fécamp, elle recevait la visite de nombreux personnages du  Second Empire pour évoquer les souvenirs de cette époque, comme le comte de Saint d’Angély, ami de Napoléon III et qui repose dans le cimetière de Daubeuf-Serville. Ils faisaient revivre les triomphes de la cantatrice quand elle interprétait les chefs-d’œuvre d’Offenbach.
Elle se dévoua pour les soldats pendant la guerre 1914/1918 et avait pour filleul de guerre l’aviateur Charles Nungesser, as de l’aviation lors de la première guerre mondiale, qui disparut à bord de l’Oiseau Blanc avec François Coli.
Son fils mourut en 1919 et elle décéda l’année suivante à l’âge de 87 ans.
Elle légua par testament tous ses biens à l’orphelinat des Arts dont elle était présidente d’honneur. Sa villa de Fécamp devint un aérium pour les enfants d’artistes.

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