Mieux connaître d'où l'on
vient pour savoir où l'on va
Discours prononcé
par M. Jean-Claude OMONT
Président des « Amis du Vieux-Fécamp et du Pays de Caux»
à l’occasion du
Centenaire de l’Association
le 18 novembre 2009
au Palais Bénédictine à Fécamp
Monsieur le Député,
Monsieur le Maire, Vice-Président du Conseil Général,
Monsieur le Maire-Adjoint à la Culture,
Monsieur le Curé de Fécamp
Monsieur le Président de la Chambre de Commerce,
Mesdames et Messieurs les élus, les représentants des autorités, des Associations,
Chers Amis,
Je voudrais vous dire quelques mots en tant que Président des
Amis du Vieux Fécamp et alors que nous célébrons
le Centenaire de l’Association.
Permettez-moi d’évoquer successivement :
- les hommes – et les femmes – qui ont fait notre association
- un lieu du Vieux Fécamp, cher à tous, le Palais Bénédictine où nous sommes
- celles et ceux qui soutiennent l’Association
- enfin l’Association Elle même
Ainsi, l’année du Centenaire arrive à son terme et
nous vivons aujourd’hui tous ensemble à cet instant, ce qui doit
être son point d’orgue.
Fêter un centenaire,
- c’est compter les années,
- c’est se tourner vers le passé
- c’est profiter d’un anniversaire pour porter une parole, adresser des messages !
J’essayerai d’éviter les discours qui fatiguent les reins et engourdissent l’esprit,
Avouez pourtant que parler d’un Centenaire en trois phrases relève de la magie !
Je vous propose de commencer cette réunion du souvenir par geste qui se veut tout un symbole.
L’association compte deux membres d’honneur qui ont traversé le
siècle avec elle. Elles ont vécu ses activités,
elles les suivent encore aujourd’hui.
Leur rendre hommage, comme nous allons le faire, c’est donner des
visages à la fidélité qui de
génération en génération est au cœur de
notre association
Les personnes auxquelles je vous propose de rendre hommage
personnifient le lien indestructible tissé par les fondateurs,
qui nous permet d’être là aujourd’hui.
C’est un symbole que celui qui consiste à demander à deux
jeunes adhérents – symboles de la relève qui s’affirme –
de remettre des fleurs :
- Nicolas LEROUX va remettre ce bouquet de fleurs à Madame CARPENTIER,
- et Pierre-Emile DURAND d’en faire autant pour Madame Raymonde DURAND.
Mme Raymonde DURAND est l’aînée de 4
générations de DURAND, tous adhérents,
Jean-Pierre, Jean-Emile et Pierre-Emile. J’ajouterai que Monsieur
Léopold DURAND apparait sur la première liste des
adhérents dès décembre 1909.
Par cet hommage, je veux dire que « Les Amis du Vieux
Fécamp » sont bien sûr réunis par
l’amitié et qu’ils constituent l’essentiel des forces de notre
association.
Réunis ce soir au Palais Benedictine, qu’on m’autorise à
évoquer ce lieu emblématique de l’art et de la culture
à Fécamp !
En effet, quel bonheur pour moi de me retrouver avec vous tous au
Palais Bénédictine pour une réunion que l’on peut
qualifier de « officiellement amicale »
Moment de grande satisfaction pour le Président des Amis du
Vieux-Fécamp, de marquer le 100ème anniversaire de
l’Association dans ce haut lieu de la Culture et du Patrimoine.
Moment d’émotion pour Jean-Claude OMONT qui a pu y faire toute
sa carrière professionnelle, de l’apprenti coursier au directeur
de la Communication.
Qui aurait dit en 1995, année de mon départ à la
retraite, année des fêtes du Centenaire de la
reconstruction du Palais après l’incendie,
présidées par Madame De PANAFIEU, Secrétaire
d’Etat au Tourisme, en présence de B. DURIEU, Président
de MARTINI-BACARDI, que je serais quelques années plus tard
désigné Président des Amis du Vieux-Fécamp
et du Pays de Caux ?
De 1949 à 1995, j’ai eu le bonheur d’œuvrer dans cette magnifique demeure.
Le Palais Bénédictine…
Qui le connaît mieux que moi ? Jeune débutant avec un
camarade, à l’insu de nos supérieurs, nous partions
à sa découverte, en partant des caves par l’escalier en
colimaçon, passant par les salles de rinçage, qui sont
aujourd’hui celles de l’Art Contemporain, puis les salles du
Musée jusqu’au grenier. Nous avons aussi atteint par
l’échelle, les derniers degrés du clocher. Vous
m’excuserez de cette évocation personnelle, mais qui pourrait
garder pour soi une telle aventure ?
S’il y a eu cette découverte des lieux, il y a eu surtout celle
de l’œuvre du fondateur, la pensée d’Alexandre LE GRAND, celle
qui nous permet d’être ensemble aujourd’hui, celle qui autorise
à BENEDICTINE d’être bien présente encore
aujourd’hui dans le monde entier.
Une pensée, un schéma directeur bien relayés par
ses descendants, et à ce titre, je salue les
représentants de la famille LE GRAND aujourd’hui avec nous, que
cela soit par descendance ou par alliance.
Si tout cela est permis aujourd’hui, c’est parce que vous avez
l’extrême amabilité de nous accueillir, Madame Yolande De
BUEIL.
C’est un privilège que nous apprécions, comme il
convient. Que les Amis du Vieux-Fécamp et du Pays de Caux
puissent marquer le Centenaire dans ce cadre exceptionnel, marquera son
histoire.
Cette manifestation a été préparée avec
soin avec vos services que je remercie vivement, et en particulier
Madame D. DELAULE, absente aujourd’hui pour raisons professionnelles.
C’est pour moi l’occasion pour vous dire combien nous
apprécions, avec tous les fécampois et cauchois et bien
au-delà, l’état d’entretien de ce site remarquable,
source d’espoir pour le développement culturel et touristique de
la Ville. L’ombre d’Alexandre nous suit dans le cheminement de la
visite de l’établissement.
Nous sommes le 18 novembre, vous l’avez compris, c’est le jour de
fête anniversaire que nous marquons avec la Mairie de
Fécamp.
Il y a 100 ans à l’Hôtel de Ville de Fécamp
était créé l’Association des Amis du Vieux
Fécamp, sous la présidence du Maire de l’époque
Monsieur R. DUGLE.
Disons maintenant un mot du nom de notre association qui a su élargir son objet à tout le Pays de Caux.
Avant que Fécamp ne devienne la capitale du Pays des Hautes
Falaises, nos fiers aînés avaient eu l’intelligence
d’embrasser dans leur démarche un large territoire si riche en
patrimoine.
Le Maire d’aujourd’hui, Monsieur Patrick JEANNE est avec nous aujourd’hui.
Je veux profiter de ce discours pour rendre hommage à la Ville
de Fécamp, ainsi qu’au Conseil Général de la
Seine-Maritime, qui savent le rôle de la culture et du
patrimoine dans la création d’un lieu social fort, ciment de
cohésion.
et qui ont soutenu activement le développement de nos actions.
Nous devons leur dire notre reconnaissance, par l’intermédiaire
de Madame Estelle GRELLIER, 1er adjoint, Présidente de la
Communauté de Communes, députée européenne,
que je salue et remercie. Monsieur VIRICEL, adjoint à la
Culture, a pour sa part et au quotidien su établir une courroie
de transmission entre la Mairie et l’Association. Il faut lui en
être reconnaissant.
Puis, c’est toujours un grand jour quand beaucoup d’amis sont présents pour marquer cet anniversaire.
Notre député et Madame FIDELIN sont à nos
côtés. Vous êtes Amis du Vieux-Fécamp, vous
suivez nos activités et vous nous aidez avec toujours beaucoup
de gentillesse. Un grand MERCI.
Il faut aussi que je vous dise qu’en 1995, je n’ai pas pris ma
retraite, j’ai changé d’activité en entrant à la
C.C.I, qui m’a littéralement « aspiré ». Je
connaissais bien Bertrand DUBOYS FRESNEY en tant que jeune homme, j’ai
découvert un homme d’action. Notre parcours commun nous laisse
de grands souvenirs. Je salue son épouse et je remercie la C.C.I
pour les services qu’elle apporte au moment où le besoin
apparaît.
La sauvegarde du Patrimoine, c’est l’affaire de tous. C’est bien
ainsi, surtout quand une banque, soucieuse d’une politique de
proximité en fait la preuve. Merci à Mr LEMETTAIS du
Crédit Agricole, présent avec son épouse.
Pour mettre en avant l’intérêt des sites et monuments
remarquables de Fécamp fallait-il avoir accès aux sites
cultuels. Monsieur l’Abbé MABILLE a eu la gentillesse de nous en
donner la possibilité. Merci Père !
En commémorant aujourd’hui ce centenaire, j’ai l’impression que
nous exprimons la meilleure part de nous, que nous donnons au mot
patrimoine tout son sens, dans la ferveur d’une amicale et enthousiaste
démarche.
C’est du jour pour jour. Une première séance s’est tenue
à l’Hôtel de Ville, présidée par
Léonce FONTAINE. Un bureau fut nommé, et le Docteur
Léon DUFOUR en devint le 1er président. Il y avait
sans doute obligation d’agir pour un groupe attaché à
l’histoire de la Ville et du Pays de Caux. Aujourd’hui, nous disons en
termes de marketing : « Satisfaire les attentes ».
C’est ainsi que le 29 novembre 1909, quatre vingt dix adhésions
étaient enregistrées. La progression fut rapide : cent
vingt le 12 janvier 1910, cent soixante quinze le 17 décembre de
la même année. Un peu plus tard, le 1er bulletin
édité en 1911 présentait une liste de 225 membres.
Cent ans plus tard, aujourd’hui nous en comptons près de 300.
Je ne m’attarderai pas sur la traversée du siècle par
l’Association. Tout a été présenté dans les
documents que nous avons édités à l’occasion de ce
Centenaire, et chacun pourra consulter notre site internet riche et
réactif.
Simplement, posons-nous la question :
« Sommes-nous toujours dans la ligne des fondateurs ? »
Sans aucun doute, OUI, même s’il peut être observé
que notre Association s’est depuis orientée vers des
études d’urbanisme ou d’architecture. C’est en fait la
volonté d’être attentifs aux problèmes
d’aujourd’hui.
C’est aussi parce que les villes et les campagnes ont
changé, c’est parce que l’urbanisation a parfois mis en
péril des monuments témoins de notre riche passé.
Notre rôle est de veiller, d’enseigner, d’expliquer, en fait de
se faire comprendre. Il y a de la place pour un bon compromis «
Tradition et Modernité » devant être le leitmotiv.
Mais que peut être le mariage de la tradition et de la modernité ?
Notre vice-président, Yves DUBOYS FRESNEY s’est attaché
à y apporter une réponse. C’est un exercice difficile qui
vous sera communiqué.
Il peut y avoir une contradiction entre la vie actuelle et une
Association comme la nôtre. Notre regard sur le passé,
notre désir de préservation du Patrimoine sont-ils
compatibles avec :
- le choix du modernisme que doit adopter toute cité ?
- la professionnalisation qui n’existait pas il y a 100 ans, des
secteurs de sauvegarde et d’amélioration du Patrimoine ?
Si j’évoque ces deux difficultés, c’est parce qu’elles
sont chaque jour au cœur de notre réflexion, voire de notre
action.
Nous ne voulons pas paraître immobiles et en même temps
chacun peut bien se dire aujourd’hui que dans le passé des
choix ont été fait hâtivement, en fonction des
circonstances et des situations qui se présentaient.
Nous réagissons quand la connaissance, la protection, la
sauvegarde nous y obligent. Comment pourrait-il en être autrement
? Cela figure dans les statuts.
Y a-t-il une école du Vieux-Fécamp ? Oui ! A ce
titre, pour vous en convaincre, vous me permettrez d’évoquer J.
LEMAITRE, président de 1968 à 1995. Il a
été le disciple de J. MALANDAIN, AP LEROUX, Daniel BANSE.
Il a collaboré avec André Pierre LE GRAND. Il m’a
passé le relais et m’a conseillé.
N’est-ce pas cela la force des Amis du Vieux-Fécamp et du Pays de Caux ?
Il y a une continuité dans les principes voulus par les
fondateurs et observés par tous les présidents qui se
sont succédés. Le fil d’Ariane reste bien présent
et solide.
L’organisation de ce centenaire a demandé beaucoup de
présence, d’engagement, mais aussi a engendré une grande
satisfaction.
L’Association est bien sur sa rampe de lancement pour parcourir le
21ème siècle et arriver à son 2ème
Centenaire !
Alors,
« L’héritage de nos aînés pour nos descendants et pour nous-mêmes »
Merci à tous !