Rsums des communications
A noter que la prochaine
communication annuelle publie par les Ē Socits Historiques et
Archologiques de Normandie Č comprendra lÕensemble des textes et
prsentations de tous les intervenants. La publication sera
remise lors du prochain (45 me) Congrs qui se situera
Saint-Sauveur-le-Vicomte (50) Manche qui traitera Ē les Anglais en
Normandie Č
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(cliquez sur les images pour les agrandir)
Ouverture du Congrs par M. Jean-Claude OMONT (prsident de
lÕassociation Ē Les Amis du Vieux Fcamp Č), M. Pierre
VIRICEL (conseiller municipal de Fcamp Š dlgu la Culture et au
Patrimoine) et M. BODINIER (prsident de la Ē Fdration des
socits Historiques et Archologiques de Normandie Č).
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de gauche droite : Mrs. Viricel, Omont & Bodinier
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Introduction
22 oct 2009
par Mme Catherine VINCENT, Professeur dÕhistoire du Moyen-Age LÕuniversit Paris X (Nanterre)


de g d : Mme VINCENT & M. BODINIER
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lÕassemble dans la salle du thatre/cinma Ē Grand Large Č Fcamp
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Nous avons eu lÕhonneur de la prsence de
Monseigneur Michel GUYARD, Evque du Havre ( dr), son cot le Pre
Marcel MAURIN, Vicaire gnral.
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M. Jean BABOUX
Cercle dÕtudes vernonnais


Le bain dans la fontaine Sainte-Clotilde :
un plerinage menac par la Rvolution et victime de la pudeur du XIXe sicle
Durant tout le Moyen åge et lÕAncien Rgime, la paroisse du
Grand-Andeli connut un actif plerinage amenant une foule de plerins
plongeant dans une fontaine aux vertus curatives. Selon la croyance
populaire cette source avait jailli au VIe sicle lors de la
construction dÕun monastre par la volont de Clotilde, pouse du
dfunt Clovis. Des artistes comme Quentin Varin, matre de Nicolas
Poussin, et le Rouennais Adrien Sacquespe avaient voqu dans des
tableaux le miracle.
Ce plerinage sÕtait renforc durant toute cette
priode par lÕarrive et aussi le dpart de reliques retrouves dans
diffrents lieux de la France, o des dvotions existaient.
Chaque anne, le 2 juin, une foule immense
envahissait le Grand-Andeli, amenant de nombreux plerins, crant
galement une grande activit conomique. Le rite tait immuable et
rappelait par ses pratiques des cultes pr-chrtiens.
Au moment de la Rvolution, les autorits voulurent lutter contre le
Ē fanatisme Č, avec une russite peu vidente : malgr
les mesures contraignantes, de nombreux plerins continuaient venir
se baigner clandestinement dans la fontaine, perptuant les pratiques
immmoriales.
La signature du Concordat et le retour de la paix
religieuse permirent une reprise du plerinage : cependant cette
fois-ci, les jolies jeunes femmes qui se baignaient couvertes de
lgres chemises laissaient apercevoir distinctement en sortant du
bassin leurs formes sous les regards concupiscents dÕhommes venant
chaque anne plus nombreux. Les autorits durent prendre des mesures
appropries pour sauvegarder la dcence : l o lÕintolrance
rvolutionnaire avait chou, la pudibonderie du XIXe sicle
triomphait.
Qui pourrait imaginer aujourdÕhui, en voyant la
fontaine Sainte-Clotilde largement btonne, oublie dans une rue peu
frquente, quÕelle tait le but dÕun plerinage clbre dans tout la
Normandie ?
La
communication aborde un sujet clbre, mais en fait jamais
vritablement tudi : le plerinage Sainte-Clotilde des Andelys.
Si nous disposons de nombreuses descriptions, aucune explication nÕa
vritablement t donne concernant cette antique manifestation
religieuse se droulant dans cette petite ville de Normandie.
Ce
plerinage sÕorganise dÕune part autour dÕune fontaine, appartenant
un vieux sanctuaire et dÕautre part dÕune glise, devenue aujourdÕhui
la collgiale Notre-Dame. Les rituels dans lÕun et lÕautre endroit ne
sont pas les mmes. Comment est n chacun de ces deux ples, comment
ont-ils volu, quels ont t leurs rapports ? Quelle est la vraie
nature de la figure emblmatique de Clotilde ?
Ce
sont les questions principales qui seront voques. Il sera intressant
dÕvoquer les volutions du plerinage lors des grandes ruptures quÕa
connues notre rgion dans son histoire religieuse, cÕest--dire
lÕvanglisation, la Contre-Rforme au XVIIe sicle, la
Rvolution et lÕpoque contemporaine.
M. Bernard BODINIER
Socit dÕtudes diverses de Louviers


Des saints Mauxe et Lubin au pre Laval, les plerinages des environs de Louviers
Trois plerinages Louviers et dans les environs immdiats : on
ne peut quÕtre frapp par cette densit. Mauxe fut excut, avec son
compagnon Vnrand, au IIIe sicle Acquigny qui garde des traces de
ses martyrs : une chapelle, un calvaire et des reliques conserves
la mairie. Mais il nÕy a plus de plerinage depuis longtemps. Saint
Lubin (en bordure de la fort de Bord Louviers) donnait encore lieu,
il y a une cinquantaine dÕannes, une procession vers lÕancien
prieur portant le nom dÕun vque de Chartres qui y aurait sjourn
plusieurs annes. Mais cÕtait aussi une fte profane o on venait
sÕamuser, pendant que les jeunes filles voulaient toucher la fameuse
pine pour esprer se marier dans lÕanne.
Ancien cur de Pinterville, batifi en 1979 pour son action
vanglisatrice lÕle Maurice, le pre Laval est depuis lÕobjet dÕun
plerinage qui runit chaque anne, le deuxime dimanche de septembre,
des centaines de Mauriciens de France et dÕEurope.
MM. Claude BOUHIER et Marcel DESBLED
Socit dÕmulation de la Seine-Maritime &
M. Nicolas LEROUX, prsident de sance


Les plerinages la chapelle Saint-Adrien de Belbeuf
Un ou deux ermites, ou reclus avaient, dj au XIVe sicle
probablement, occup une petite caverne dans la falaise qui domine la
Seine. Un afflux d'admirateurs se transforma en plerinage quasi
officiel puisqu'on construisit une chapelle au milieu du XVIe sicle au
plus tard, puis, le succs venant, on fonda au mme endroit un prieur.
Qui taient les plerins ? Des habitants des villages proches et
aussi des Rouennais, comme en tmoignent des statuts de confrries de
charit de la ville. La Seine, cet endroit, en contrebas de la
chapelle, a un bras secondaire propice des haltes de mariniers. La
paroisse du Becquet qui apparat au XIIIe sicle a eu cette fonction
d'accueil de leurs bateaux.
Saint Adrien n'tait pas le saint favori des seuls mariniers, mais,
avec saint Roch, ils devinrent les saints que l'on suppliait aux XVIe
et XVIIe sicles d'carter les pidmies de peste trs meurtrires
Rouen et dans les environs. On assista une coopration tonnante de
paroisses assez loignes les unes des autres pour venir en plerinage
Belbeuf. La croissance du hameau de Saint-Adrien, avec ses nombreuses
auberges, est une consquence des afflux de plerins.
videmment la peste finit par s'loigner. La Rvolution, si elle ne
dtruisit pas la chapelle, attnua ces ferveurs et Bonsecours devint au
XIXe sicle un concurrent efficace. L'installation mal date d'une
statue de saint Bonaventure, saint aimable, cra un nouveau courant de
plerins. On vient beaucoup Š et cela se dit de bouche oreille Š pour
dposer un vĻu de russite personnelle. Les ex-voto conservs
tmoignent d'une varit de vĻux exprims par des hommes et des femmes
de toutes les catgories sociales.
La chapelle Saint-Adrien doit-elle sa vie prolonge son emplacement
trs favorable ? Certainement, mais les efforts de ses Amis et de
la commune de Belbeuf ont puissamment contribu aid la maintenir.
M. Jean BOURIENNE, CHRH,
Montivilliers hier, aujourdÕhui, demain et
Mlle Chantal CARPENTIER, prsidente de sance.


Naissance et enracinement dÕun plerinage au dbut de la Troisime
Rpublique (1870-1914) :
le plerinage Notre-Dame-du
Havre-de-Grce
Le vĻu fait en 1870 par lÕassociation des mres chrtiennes du Havre
dÕriger une statue Notre-Dame-de-Grce si la ville tait pargne de
lÕinvasion prussienne fut accompli en 1875, non sans donner lieu une
polmique avec les lus et les journaux rpublicains. La statue
monumentale, couramment appele la Vierge noire, fut installe prs du
lÕancien prieur de Graville, aux portes de la ville. Il fallut encore
attendre trois ans pour quÕun premier plerinage y soit effectu, avec
beaucoup de discrtion. La naissance du plerinage sÕinscrivit donc
dans le grand mouvement de pit mariale et de renouveau des
plerinages, mais dans le contexte local dÕune ville o rgnait un net
anticlricalisme.
Devenu annuel, le plerinage tait fix au 24 mai (fte de Marie
auxiliatrice ou Notre-Dame de Bonsecours) ou une date voisine. Il
tait pour les catholiques du Havre et des paroisses proches un des
moments forts de lÕanne o sÕaffirmaient leur pit mais aussi leur
identit, en particulier, lors des grandes vagues de lacisme.
Mme Katrin BROCKAUS,
Socit des Antiquaires de Normandie


LÕabbatiale de la Trinit de Fcamp comme lieu de plerinage
LÕabbatiale de la Trinit de Fcamp fut un centre de plerinage ds le
XIe sicle, avant mme que ne se dveloppe le culte du Prcieux Sang,
attest partir du XIIe sicle. Selon les informations contenues dans
le rcit des miracles qui se sont passs dans lÕglise, le point
dÕattraction des fidles tait lÕautel majeur ddi la Trinit.
LÕglise mme, cadre de ce plerinage, avait t construite vers 990 et
fut transforme continuellement dans les sicles suivants. Le
changement le plus intressant pour notre propos est la construction
dÕun nouveau chĻur sous lÕabb Guillaume de Ros la fin du XIe sicle,
les autres campagnes de transformation gardant, malgr leur grande
envergure, le chevet roman, au moins en partie, ainsi que la
topographie liturgique du chĻur roman.
Dans quelle mesure la fonction de lÕglise comme lieu de plerinage
a-t-elle influenc la forme du chĻur roman ? Son plan dambulatoire
et chapelles rayonnantes en fait au premier abord un exemple typique
dÕglise de plerinage important. Mais les recherches des dernires
annes ont montr que le plan dambulatoire ne sÕimposait pas
toujours pour les glises de plerinage. La piste selon laquelle
lÕune des raisons ayant motiv la reconstruction tait la volont de
sparer plus strictement les lacs de la communaut monastique semble
tre plus prometteuse.
Mme Claire CHAUVIN, Amis du Vieux Fcamp
& M. Jean-Paul HERVIEU - Prsident de sance


Dvotions rurales en Pays de Caux
Ė ct des plerinages normands grand rassemblement populaire
(Fcamp, Lisieux), existaient aussi dans les campagnes cauchoises des
dmarches individuelles en vue dÕobtenir une gurison, soit en se
rendant un calvaire la croise des chemins, soit en allant prier un
saint thaumaturge, de grand rputation, ou, quelquefois, la
personnalit bien plus obscure.
Une rtrospective rappellera comment lÕglise occidentale a rtabli la
mission de gurison du Christ ou des saints intercesseurs, la substance
divine se retrouvant dans les reliques, puis dans les icnes, les croix
et les images statufies. Quelques exemples concrets cauchois viendront
illustrer des croyances dont certaines se perptuent encore
aujourdÕhui :
Nous localiserons certains calvaires et parlerons des rites et des offrandes encore dÕactualit en ces lieux.
Nous nous attarderons sur deux saints curieusement vnrs en Pays de
Caux bien quÕtrangers : saint Onuphre et sainte Wilgeforte,
lÕhomme sauvage et la femme barbe.
Nous parlerons de leurs attributs dus leur vie lgendaire et leur pouvoir de gurisseurs.
En conclusion, nous voquerons les dviations de certaines croyances
et, consquence des progrs de la mdecine, nous montrerons comment ont
volu les demandes des plerins actuels en 2009.
Mme Batrice CHEGARAY,
Centre havrais de Recherches historiques


La chapelle Notre-Dame-des-Flots Sainte-Adresse : 150 ans de plerinage
La chapelle Notre-Dame-des-Flots est btie de 1854 1859. SÕappuyant
sur des traditions locales, le cur de Sainte-Adresse rige un nouveau
lieu de culte destin devenir un but de plerinage pour les marins.
LÕhistoire de ce plerinage couvre cent cinquante ans et peut se
diviser en trois priodes. LÕtablissement du plerinage, de 1859
1870, est suivi dÕun sicle de dvotion soutenue par les curs de la
paroisse et encourage par le dveloppement de la pit mariale. Aprs
le concile Vatican II, la frquentation de la chapelle et le regard
diffrent de lÕglise sur la pit dite populaire suscitent de
nouvelles pratiques. Au cours de ces trois priodes, dans quelle mesure
la chapelle reste-t-elle fidle sa vocation de chapelle des
marins ?
Mme Claude CLOUET dÕORVAL,
Socit des Antiquaires de Normandie


Notre Dame du Val-Boutry, au Mesnil-Bacley et sa fontaine miraculeuse,
plerinage marial oubli ;
comment sauvegarder cet humble patrimoine
rural ?
Le prieur de N. D. du Val-Boutry, sur la paroisse du Mesnil-Bacley
(prs de Livarot), dpendance de lÕabbaye de Saint-Pierre-sur-Dives en
a suivi lÕhistoire. difi au XIIIe sicle, ruin aux XIVe et XVIe
sicles, restaur par les Mauristes, il fut vendu comme bien national
la Rvolution. Au XIXe sicle, quoique lieu de plerinage marial
frquent cause de sa fontaine miraculeuse, mais proprit
particulire, les constructions (chapelle, manoir entour de douves) se
dgradrent peu peu. Mais de 1930 1935, lÕabb Simon (1884-1955),
trs pieux cur de Montreuil-en-Auge, minent rudit normand (prsident
de la Socit historique de Lisieux, de la Socit des Antiquaires de
NormandieÉ), motiva une trs importante restauration de lÕglise quÕil
avait fait racheter par Mme Baratte, et remit lÕhonneur le
plerinage. Il est lÕauteur dÕun livret du plerin, avec historique du
lieu, et prires pour les manifestations religieuses. LÕunique
hritire de Mme Baratte, religieuse carmlite, fit don de sa proprit
en 1962, une Association dÕhabitants du Mesnil-Bacley afin que le
plerinage soit perptu et lÕglise entretenue. La dite Association un
peu endormie se ranima vers 1970 pour des travaux urgents sur
lÕdifice. Quant au plerinage, il se fit jusquÕen 2000, men par le
cur de Livarot. Un amnagement rcent des routes proches rend
maintenant le site pratiquement inaccessible. Menac en 2007 par un
projet malencontreux de camp de vacances, le Val-Boutry est nouveau
objet dÕintrt de lÕAssociation des habitants dsireux de
sauvegarder leur patrimoine.
M. Daniel DESHAYES,
Socit historique de Lisieux


Premiers investissements hteliers Lisieux et projets de liaisons
ariennes avec lÕaroport de Lisieux conscutifs au dveloppement
du plerinage thrsien dans les annes 1920-1940
Thrse Martin est dcde le 30 septembre 1897, au
Carmel de Lisieux, dans sa 25e anne. Ds 1899, on rclame au Carmel
des reliques de Thrse et, partir de 1900, des tmoignages de
gurison arrivent au Carmel de Lisieux. Non contents dÕvoquer sĻur
Thrse distance, ses dvots ne tardrent pas venir la prier sur sa
tombe et dposer de nombreux ex-voto. CÕest ainsi que, trs vite, et
spontanment, naquit le plerinage de Lisieux. Celle quÕon appelait
dj la Ē Sainte Č ne fut cependant canonise que le 17
mai 1925, par le pape Pie XI, Rome.
LÕaccroissement annuel du nombre de plerins ncessite alors de
dvelopper lÕquipement htelier Lisieux, et plusieurs socits
vont se crer. La Socit Immobilire du Plerinage de SĻur Thrse,
cre le 30 mars 1922, fut certainement la premire. Elle
comprend deux actionnaires : lÕabb Hardy, auteur d'une Histoire de la
cathdrale de Lisieux. Le deuxime actionnaire n'est autre quÕune
cousine de sĻur Thrse : Marie-Elise-Jeanne Gurin. Il s'agit de la
fille dÕIsidore Gurin, lÕoncle maternel de Thrse, pharmacien
Lisieux, qui fut membre de la Socit historique de Lisieux.
Quelques autres socits htelires vont galement se constituer
dans les annes suivantes.
En 1935, les chambres de commerce de Honfleur, Le Havre, Lille et
Tourcoing tudient un projet de liaison arienne entre La
Hollande et la France avec escale lÕaroport de Lisieux, et extension
de la ligne vers Le Mans, Bordeaux et Lourdes. Des contacts sont
galement pris avec les compagnies maritimes dont les paquebots en
provenance de New-York ou du Canada ont des services avec les grands
ports comme Dieppe, Le Havre et Bordeaux. De grandes ftes sont prvues
pour lÕinauguration de la basilique en juillet 1937. Le pape Pie XI
devait les prsider et lÕon tait persuad quÕil arriverait Lisieux
en avion. Mais lÕexistence de lÕaroport de Lisieux fut phmre,
la mauvaise sant du pape et la crise internationale lÕempchrent de
venir Lisieux et ce fut son lgat, le cardinal Pacelli, le futur pape
Pie XII, qui arriva Lisieux, non pas en avion, mais par le trainÉ
M. Lionel DUHAULT,
Socit des Antiquaires de Normandie


Le plerinage de Rancoudray
L'origine du plerinage de Rancoudray remonte la fin du XIIe sicle.
Il est toujours actif de nos jours. La plupart des auteurs ayant trait
de ce plerinage lÕont fait travers lÕhistoire du prieur royal de
Mouton et non pour lui-mme. Cette communication veut donc, dans la
limite des sources disponibles, apporter un regard neuf sur lÕhistoire
du plerinage de Rancoudray, lÕun des plus anciens de la Manche,
notamment partir de la mthodologie dfinie par Alphonse Dupront et
ses successeurs.
M. Nicolas DUPONT-DANICAN,
Socit du Pays de Caux


Les plerinages en Pays de Caux la fin du XIXe sicle (ou vers 1870)
La Gographie du dpartement de la Seine-Infrieure des abbs Bunel et
Tougard apparat tre une source trs intressante. En effet, cet
ouvrage reflte le rsultat dÕune enqute vivante et exhaustive auprs
des curs du Pays de Caux vers 1870.
Note : lÕouvrage collectif Les saints gurisseurs en
Seine-Maritime, paru en 2006 aux ditions des Falaises, ne le mentionne
pas dans sa bibliographie.
190 plerinages sont rpertoris. LÕauteur a interrog systmatiquement
tous les curs du dpartement. Presque tous ont rpondu et leurs
rponses ont t restitues dans lÕouvrage. Cette communication
propose, partir des lments qui y figurent, dÕapporter une
analyse synthtique de ces plerinages cauchois :
- rpartition gographique ;
- but du plerinage : glises, chapelles, fontaines, le chne
dÕAllouville, plerinages la Vierge et au Prcieux Sang, plerinages
aux saints, saints de lÕEvangile, saints des premiers sicles, saints
normands et autres, saints gurisseurs ;
- la frquentation du plerinage : nombre de plerins, de Ē innombrables Č Ē quelques uns Č3 ;
- plerins particuliers : les marins et les enfants ;
- les dates des plerinages.
M. Pierre-Gilles GIRAULT,
Conservateur du patrimoine au chteau et
muses de Blois, Membre du Groupe de Recherche SALVE, du Comit
scientifique de lÕAssociation des Chemins du Mont, du Centre de
Recherches compostellanes, etc.
Le plerinage de Saint-Gilles en Cotentin, XIe-XXIe sicles
Atteste ds le XIe sicle, lÕglise Saint-Gilles du Cotentin fait
lÕobjet dÕun plerinage sur le corps de saint Gilles document au
milieu du XIIe sicle. Saint-Gilles-en-Cotentin apparat alors comme un
sanctuaire rival de lÕabbaye provenale. LÕdifice lev au XIIIe
sicle connat son apoge sous le rgne de Louis XI qui visite le
sanctuaire en 1470 et lÕrige en collgiale en 1482, dcision casse
par le parlement de Paris. Malgr ce revers, le plerinage perdure
comme centre local lÕpoque moderne et contemporaine.
Saint-Gilles-en-Cotentin apparat ainsi comme un tmoin privilgi pour
lÕtude dÕun site de plerinage dans la trs longue dure.
On sÕinterrogera toutefois sur la relique vnre ici, qui pourrait
tre le tombeau dÕun homonyme avranchin du saint mridional. Ce foyer
autochtone pourrait tre lÕorigine de lÕexceptionnelle diffusion du
culte de saint Gilles en Normandie.
M. Paul LABESSE,
Amys du Vieil Eu


Laurent OÕToole, un saint tomb du cielÉ
Un saint homme venu en France pour rconcilier le roi dÕIrlande avec
Henri II, roi dÕAngleterre. Arriv lÕabbaye dÕEu, il se mit au lit
pour ne plus se relever. Au moment de sa mort, il parut sur lÕabbaye
une lumire si vive que lÕon crut un incendie. La pit des peuples
et les miracles nombreux qui sÕoprrent son tombeau, forcrent
bientt les chanoines lÕexhumer, ce qui eut lieu le 17 avril 1186.
Son corps tait entier et exhalait une odeur agrable. La voix des
peuples le canonisait dj.
Le pape Honorius III donna une bulle pour informer sur ses miracles,
puis lana une bulle de canonisation. LÕvque dÕAmiens dposa les
reliques du saint confesseur. Sa fte devint la plus grande solennit
de lÕabbaye. Elle est toujours en vigueur de nos jours.
Mme Angela LAGHEZZA,
Association Les Chemins du
Mont-Saint-Michel et universit de Bari et
M. Vincent JUHEL,
Association Les Chemins du Mont-Saint-Michel et Socit des Antiquaires
de Normandie


Saint-Michel du Mont-Gargan de Rouen, origines et dveloppement dÕun sanctuaire michalique
Implant mi-pente sur une des collines dominant Rouen, Saint-Michel
du Mont-Gargan est un prieur de lÕabbaye Saint-Ouen, attest ds le Xe
sicle. Voisin de la puissante abbaye Saint-Catherine-du-Mont, le
monument devint lui aussi un centre de plerinage. Il a t dtruit
la fin du XVIe sicle mais ses derniers vestiges ne disparurent quÕau
dbut du XIXe sicle.
La communication prsentera une synthse des connaissances sur les
origines, le dveloppement, les caractristiques et la fin de ce
sanctuaire, sans oublier la question de son rayonnement, dans la
perspective de lÕtude des sanctuaires michaliques en Europe.
M. Nicolas LEROUX,
Doctorant l'Universit de Rouen. GRHIS


Ferveur autour du Prcieux Sang de la fin du XlXe sicle au dbut du XXe sicle
Ė Fcamp, une ferveur authentique ! Une ferveur vritable dpassant les
alas climatiques ! C'est ainsi, que le mardi de la Sainte-Trinit
1894, on comptait prs de 1 500 2 000 plerins. Pourtant une pluie
violente et un vent froid soufflant en tempte avaient empch les
fidles de se mettre en route. Pendant les ftes du Saint-Sacrement,
durant tout le mois de juin, les plerins compensrent leur absence
force du mardi de la Trinit.
Dix ans aprs, en 1904, le plerinage, galement contrari par un temps
affreux, vit moins de plerins qu' lÕaccoutume mais, la fin du mois
de juin, les petits groupes ont t beaucoup plus nombreux que les
annes prcdentes. On atteignit le chiffre extraordinaire de 10 000
participants.
Puis, en 1908, le plerinage en lÕhonneur du Prcieux-Sang fut aussi
trs frquent : environ 10 000 personnes le suivirent le mardi de
la Sainte-Trinit et le Jeudi du Saint-Sacrement.
Ferveur considrable !
M. Philippe LETURCQ,
Amis de Bernay


Comment le plerinage de Notre-Dame de la Couture a travers le XXe sicleÉ
La vnration de la Vierge Marie sur le site de la Couture Bernay
date du Moyen åge sans que soit connu avec prcision le dbut des
plerinages : lgendes, tradition et histoire se mlent. La venue
de plerins tout au long de lÕanne, notamment aux ftes votives de la
Vierge, a travers les sicles avec des priodes plus ou moins fastes.
Divers auteurs ont voqu et dcrit ce plerinage depuis ses dbuts et
jusquÕ la fin du XIXe sicle, poque o lÕglise
Notre-Dame-de-la-Couture fut lÕobjet de travaux de restauration
importants.
Mais que devint ce plerinage au cours du XXe sicle ?
En effet au moment o le XXIe commence et que la tradition de ce
plerinage perdure, il semblait important aux Amis de Bernay dÕessayer
de rpondre cette question en tudiant son volution durant cette
priode assez bouleverse : lois de Sparation de lÕglise et de
lÕtat, deux guerres mondiales, divers vnements locauxÉ
Le dpouillement des deux journaux hebdomadaires locaux, souvent
antagonistes, et des archives paroissiales de 1900 2000 ainsi que
quelques tmoignages, ont permis de rpondre la question pose et
dÕen rdiger une synthse. Chaque anne, quelques exceptions prs,
les plerins ont continu venir de faon trs variable chaque lundi
de Pentecte, mais aussi tout au long de lÕanne. Il y eut mme une
sorte dÕapothose le 24 mai 1950, date o lÕglise
Notre-Dame-de-la-Couture fut rige en basilique mineure par le
Vatican.
CÕest cette synthse que les Amis de Bernay proposent de
prsenter en communication au congrs de Fcamp. Le cas chant elle
pourra ainsi tre publie dans les Actes de ce congrs.
M. Pierre PAJOT,
Cercle dÕtudes vernonnais

Le plerinage du Grand retour de Notre-Dame de Boulogne en Normandie (30 juillet 1945-27 octobre 1946)
La dvotion Notre Dame de Boulogne commmore lÕarrive miraculeuse en
636 dÕune statue de la Vierge sur une barque Ē sans rames ni
matelots Č.
De 1943 1948, quatre reproductions de la Vierge de Boulogne, appele
aussi Ē Notre Dame du Grand Retour Č, chacune monte sur un
char, parcoururent 120 000 km travers la France, visitant
16 000 paroisses, en provoquant un lan de foi, des prires et
conversions sur son passage.
Ē Notre Dame du Grand Retour Č entra en Normandie le
lundi 30 juillet 1945 Saint-Hilaire-du-Harcout pour la quitter le 27
octobre 1946 Neufmarch, aprs quinze mois de prgrination dans les
cinq diocses normands.
L'analyse, entre autres, des articles parus dans les Semaines
religieuses de ces cinq diocses permet dÕtablir la manire dont les
directives du Secrtariat national du Grand Retour ont t respectes
lors du plerinage en Normandie. On a pu ainsi prciser l'itinraire
suivi et montrer l'accueil que la population a rserv cette
manifestation de foi religieuse.
Mais il ne faudrait pas uniquement s'arrter lÕaspect anecdotique de
ce plerinage du Grand Retour. Cette tude donne lÕoccasion dÕtudier
les motivations qui ont pu conduire ce mouvement populaire, aucune
analyse approfondie n'ayant t faite, notre connaissance, sur ce
sujet jusquÕ prsent.
Dr Hugues PLAIDEUX,
Socit nationale acadmique de Cherbourg et Socit dÕArchologie et dÕHistoire de la Manche


Biville : 750 ans de plerinages au bienheureux Thomas Hlye
La vie du bienheureux Thomas Hlye ( 1257), matre
dÕcole Cherbourg puis prtre sculier missionnaire dans les diocses
de Coutances et dÕAvranches, ainsi que son culte au long des sicles,
sont bien documents. Ils ont fait lÕobjet, travers nombre dÕouvrages
et dÕarticles, dÕapproches historiques dtailles. On se propose ici,
dfaut dÕapporter des lments indits, de donner une synthse de son
culte et des plerinages son tombeau en lÕglise de Biville (Manche,
cant. Beaumont-Hague) dans la perspective trace par les orientations
de recherches publies pour ce Congrs.
M. tienne POULAIN,
Assistant de Conservation la Direction des Archives et des Biens culturels de lÕOrne


Le Ē patron des voyageurs Č Saint Christophe-le-Jajolet (Orne)
Bien que la popularit de saint Christophe soit son apoge au dbut
du XXe sicle avec lÕarrive de nouveaux moyens de locomotion, son
culte a toujours suscit une grande dvotion et de nombreux
plerinages. LÕexistence dÕune confrrie ddie saint Christophe
Ē de tous temps tablie Saint-Christophe-le-Jajolet Č atteste
lÕanciennet de son culte dans cette contre.
Si le dynamisme de la confrrie sÕessouffle ds le XVIIe sicle et
tombe quasiment en dsutude la fin du XVIIIe sicle, lÕrection
dÕune nouvelle commune dans la seconde moiti du XIXe sicle lui offre
un tremplin. Le 25 juillet 1899, Monseigneur Bardel, vque de Ses,
approuve canoniquement la confrrie tablie
Saint-Christophe-le-Jajolet.
Nomm en 1907 la tte de la confrrie, lÕabb Victor Thuault, ancien
chapelain de lÕOeuvre expiatoire de la Chapelle-Montligeon, met en
place un plerinage automobile ds 1910. Grce son opinitret,
soutenu financirement par la famille dÕAudiffret-Pasquier, il obtient
du pape Pie X, par un bref du 8 fvrier 1912, le titre
dÕ Ē Archiconfrrie pour lÕunivers entier Č,
lÕenrichissant de faveurs spirituelles, avec le privilge de sÕaffilier
toutes les confrries qui se rclameraient de saint Christophe. Ė cette
date, on compte prs de 300 000 adhrents issus des cinq continents. De
processions en projets pharaoniques, lÕarchiconfrrie connat une
vritable mtamorphose, troitement lie la soif dÕactivit du
pasteur, dsireux dÕlargir et de dynamiser la confrrie locale tablie
par son prdcesseur, lÕabb Dupont. Cette course lÕvnement
spectaculaire sÕachve son dcs en 1940.
Depuis, ses divers successeurs nÕont pas cess de poursuivre lÕĻuvre de
lÕabb Thuault et de servir au mieux les attentes des plerins, entre
foi et rminiscence. Le plerinage, toujours vivant, a lieu le
troisime dimanche de juillet, avec, comme temps fort, la bndiction
des voitures.
Mme Danielle SORET,
Amis du Vieux Fcamp


LÕvolution dÕun plerinage autour de la chapelle Notre-Dame-de-Salut de Fcamp
La chapelle est difie son origine comme ex-voto par
Robert-le-Magnifique, duc de Normandie de 1027 1035 (comme La
Dlivrande de Caen et Notre-Dame-de-Grce Honfleur).
Elle sÕest appele successivement :
Notre-Dame-de-Bourgbaudoin. Au Moyen åge, le site fortifi ou burgos
aurait t donn par Rollon lÕun de ses compagnons, Baldwin, dÕo le
nom de Bourgbaudoin.
Notre-Dame-de-Baudoin-des-Bois. Au XVe sicle, la chapelle est le sige
dÕun riche prieur dpendant de lÕAbbaye de Fcamp. Les plerins venant
du Nord faisaient halte dans cette chapelle pour descendre (par le
chemin de plerinage, ancienne voie gallo-romaine).
- Notre-Dame de Mars. JusquÕen 1850, lÕAnnonciation y est fte :
Ē la Marchque Č dans le Pays de Caux et Fcamp,
Ē Aller Mars Č, le jour mme de lÕAnnonciation. CÕest
lÕoccasion de rjouissances pour les jeunes couples : Ē le
crocheux et la crocheuse Č ou Ē le coquet et sa
poulette Č, qui partageaient avec tous les plerins noix et
chemineaux, fameux gteaux fcampois. LÕannonce tait une obligation
qui prcdait lÕembaguement, ft dans une auberge de la ville.
- Notre-Dame-du-Bon-Voyage.
- Notre-Dame-de-Salut. Ė partir du XIXe.sicle et jusquÕau milieu du
XXe sicle, comme tous les gens de mer, les marins fcampois vouent un
culte tout particulier Marie, mre du Christ. Les marins viennent
demander Ē bon vent et bonne mer Č avant le dpart pour
Terre-Neuve.
M. Georges-Robert BOTTIN,
Cercle Gnalogique et dÕHistoire locale de Coutances.


Les cantiques de plerinage dans le diocse de Coutances et dÕAvranches.
Monsieur Bottin est organiste. Il a tudi et
prsent les divers cantiques de plerinages travers les temps, leurs
utilisations, leurs dvotions, É
Le texte sera dans la publication annuelle prvue paratre en 2010.
M. Nicolas TROTIN,
Socit des Antiquaires de Normandie


Plerinages et miracles dans la Normandie dÕAncien Rgime
La problmatique du miracle dans la France dÕAncien Rgime fut mise en
exergue au dbut des annes 1980 lÕinitiative de Jean de Viguerie,
via une srie de rencontres organises lÕUniversit catholique de
lÕOuest. La Normandie demeura alors hors du champ de prospective des
chercheurs et lÕhistoriographie nÕa pas, ce jour, tent
dÕinterroger cette rgion ce propos. Pourtant, si les sources
manuscrites sont muettes, de multiples tmoignages crits par des
clercs puis diffuss par lÕimprimerie permettent de replacer la
province ecclsiastique de Rouen dans une dynamique dveloppe
lÕchelle de toute la catholicit et dont lÕapoge se situe au
dix-septime sicle.
La journe du jeudi 22 octobre, se terminait :
Par la visite de lÕAbbatiale de la Sainte-Trinit de Fcamp prsente par
M. Louis LAGARDE (photo) et Mme Katrin BROCKHAUS
Puis une rception dans les salons de lÕHotel de ville de Fcamp.
De gauche droite :
M. Bernard BODINIER, prsident des Ē Socits Historiques et Archologiques de Normandie,
M. Laurent DEMARE, maire adjoint,
au micro : M. Jean-Claude OMONT, prsident des Ē Amis du Vieux Fcamp et du Pays de Caux Č,
M. Patrick JEANNE, maire de Fcamp et vice-prsident du Conseil Gnral de la Seine-Maritime,
M. Franc DUGARD, maire adjoint,
M. Pierre VIRICEL, Conseiller municipal dlgu.
Le 23 octobre : une visite guide du Palais Bndictine avant le repas du congrs.


Mme Danielle DELAULE, charge des relations publiques du Palais BENEDICTINE et
M. J.-C. OMONT
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Photo de groupe devant le Palais Bndictine
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Fin du Congrs le 24 octobre 2009 :
Visite de la Chapelle NOTRE-DAME-DE-SALUT Fcamp lÕinvitation du Pre Olivier MABILLE.

Au centre : Le Pre Olivier MABILLE
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Intervenante : Mme Danielle SORET, guide du Patrimoine
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LÕintrieur du chĻur de la Chapelle Ē NOTRE-DAME-DE-SALUT Č
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Vitrail de la Chapelle
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Notre DAME DE SALUT,
lieu de plerinage des Marins et
leurs disparus en mer.
La Vierge est pose en 1954 aprs la rfection du clocher, aras durant la dernire guerre.
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La Mer depuis la Cte de la Vierge, le 24 octobre 2009, 18h00
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(cliquez sur les images pour les agrandir)