CENTRE COMMERCIAL MAUPASSANT
Les raisons d'un échec

Sa mise en œuvre
était souhaitée et attendue non seulement par l’ensemble
du monde économique, mais aussi par les consommateurs qui
voyaient ainsi la possibilité de pouvoir acheter en
grandes-surfaces au centre de la ville.
Ce Centre Maupassant
s’inscrivait par ailleurs dans une nouvelle tendance de la Grande
Distribution à ouvrir leurs magasins au centre des villes. Il y
avait plusieurs enseignes intéressées. Il
bénéficiait d’un emplacement particulièrement
attrayant, offrant l’opportunité de créer une relation
forte et inespérée entre Le Port, ville basse, et Le
centre-ville, ville haute, agrémenté par ailleurs d’un
panorama exceptionnel.
Pour expliquer la fermeture du SUPER U, il serait trop facile et injustifié de s’en prendre uniquement à l’ouverture de l’enseigne Leclerc.
Rappelons que l’idée de ce Centre commercial Maupassant
était lancée depuis longtemps avant la mise en place
d’une grande surface en périphérie, le centre-ville
devant faire ses racines, établir sa notoriété et
ainsi se donner les moyens de résister à la concurrence.
Convenons qu’avec le retard pris, l’arrivée de Leclerc ne lui en a pas laissé le temps et a contribué à précipiter son échec..
Mais à qui la faute ? Certainement pas à l’enseigne retenue SUPER U présentant des résultats positifs dans ses magasins de la région.
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Les raisons sont plus
profondes et obligent à les chercher dans ce que l’on peut
appeler l’échec d’un aménagement faute de prise en compte
de plusieurs règles, d’impératifs non perçus, non
observés.
La relation «ville haute /ville basse», si elle existe dans la réalisation du Centre Maupassant,
n’apparaît pas comme une harmonieuse incitation à
déambuler dans un cheminement attractif passant du centre-ville
au port en traversant le centre commercial. Les concepteurs sont
passés à côté de cette idée majeure,
liaison «ville haute/ville basse». Pourquoi cette
incompréhension de l’objectif à atteindre, de l’ambiance
à créer ?
Pour traverser le centre commercial, on est en
présence de deux goulets, un pour voitures, l’autre pour
piétons. Il faut vraiment vouloir pénétrer pour
découvrir l’ensemble. Nous sommes loin d’une invitation à
poursuivre la démarche ‘’découverte’’. Le baraquement
‘’provisoire’’ de la Poste devait être démoli ?
(depuis combien de temps en parle-t-on ?) en ouvrant une voie
sollicitant d’emblée le regard. La maison accolée
à l’Hôtel du Commerce aurait dû être
supprimée (l’architecte des Bâtiments de France, de
l’époque, s’y est opposé pour des raisons qui lui
appartiennent). La suppression de la demeure du n°12 place Bigot
devait être négociée, et celle du n°14 devenait
ensuite fort possible. On avait alors une vaste ouverture incitant
à avancer tout en découvrant un panorama sur la
Côte de la Vierge et le port.
Côté Boulevard de la République, ce n’est
pas une invitation à une promenade, mais un parcours du
combattant avec seulement un escalier, non pas un ‘’escalator’’
à paroi transparente, mais un escalier ressemblant plus à
un passage de service qu’à un parcours ‘’découverte’’. Il
y a bien deux ascenseurs mais ils sont d’une saleté repoussante
et jamais entretenus au point d’être ressentis par nombre de
personnes comme un ‘’parcours coupe- gorge’’.
Alors, pourquoi s’étonner de cette faillite d’une
réalisation d’urbanisme, qui n’en a que le nom, qui va
entraîner le départ d’enseignes, et en tous cas freiner
l’arrivée de celles qui étaient attendues.
Il faudra vraiment beaucoup d’efforts et encore plus de réflexion et d’ingéniosité, pour que le Centre Commercial Maupassant trouve le dynamisme que l’on attendait et surtout ne devienne pas un point noir dans la ville.
Erreur du choix du
promoteur ? Il serait alors souhaitable que le promoteur
responsable en partie de cet échec ne soit pas retenu pour les
projets du Grand Quai.
D’autres projets existaient, certainement plus cohérents. Le Livre Blanc «Patrimoine et Urbanisme»,
publié en 2005, rappelait que, depuis longtemps, on pensait
à rendre ce secteur plus actif et pouvant mieux faire
communiquer la ville haute et la ville basse (p. 102 et p. 103).
Déjà, en 1992, avait été rendu public le
projet ‘’Espace République’’,
puis 10 ans après était présenté un nouveau
projet que résumait le Livre Blanc (page 104) en ces
termes :
« Un
deuxième projet, sous l’appellation de « Complexe
commercial d’agglomération » est
présenté à l’initiative de la Chambre de Commerce
et d’Industrie de Fécamp, le 18 janvier 2002, lors de la
réunion des Délégués consulaires. Il
émanait de Commercités Jean-Pierre Piau avec
Étienne Bernet, architecte D.P.L.G.
Le groupe Monoprix devait y
entraîner à sa suite quelques enseignes nouvelles pour
Fécamp, comme Casa, Nature et Découverte, C 1 A, Coelia
et Lafarge maroquinerie. Un parking de 500 places caractérisait
l’ensemble où avait été pris en compte le souci de
faciliter la liaison ville haute et ville basse.
La présentation avait
d’autant plus captivé les 150 personnes y assistant,
essentiellement des acteurs économiques, qu’elle était
faite par M. Jean-Pierre Piau, l’un des artisans de l’ Espace Coty
réalisé en pleine ville du Havre et dont le succès
se confirmait alors ».
Et il s’est largement confirmé depuis.
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Est-ce à dire
qu’à Fécamp rien n’est possible ? Pourquoi ?
Pour l’heure, c’est un gâchis que gardera en mémoire
l’histoire de l’aménagement de Fécamp.
Pour la réalisation de leurs projets, beaucoup de
villes aimeraient bien avoir les friches et tous les bâtiments
disponibles que compte Fécamp. Ici, on parle beaucoup de
démocratie participative : voilà de belles occasions
de la mettre en œuvre. D’ailleurs, pour conclure, on peut rappeler que
le Livre Blanc qui vient d’être cité n’avait pas d’autre prétention que d’y apporter sa modeste contribution.