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Témoin d'une période forte des activités fécampoises sur la première moitié du XXe siècle. Elle va s'éclipser du champ visuel sur la digue par une convergence d'élément : absence de réflexion, de concertation, elle pouvait s'inscrire dans un plan de réhabilitation de ce quartier exemple typique du travail du poisson à une époque.
Par cette facilité qu'obtiennent aujourd'hui à Fécamp les promoteurs, dits les « bétonneux » dont le seul souci est la rentabilité, par le mépris du patrimoine existant, le directeur de l'entreprise nous dit ne jamais avoir reçu comme conditions des services de la ville, la conservation de cette boucane.
Elle doit pourtant avoir de l'intérêt puisque Madame PASTOR, directrice du patrimoine à Fécamp il y a quelques années, avait fait réaliser un panneau placé sur la digue qui indiquait son intérêt aux touristes s'y promenant.
Un extrait d'un document de travail des services techniques de la ville de Fécamp situait pourtant son importance en la classant d'un « intérêt architectural » dans l'esprit de la ZPPAUP.
Pourquoi Monsieur le Maire a-t-il signé le permis de démolir ?
Pourquoi l'architecte des bâtiments de France ne s'y est-il pas opposé ?
Autant de questions qui expliquent comment un patrimoine peut disparaître.
(Voir reproduction document de travail)
A titre indicatif :
Le mur de la Boucane en brique et silex représentatif de l'architecture fécampoise représente:
H = 18 m L = 21 m = 378 m2,
soit une valeur de construction, aux conditions actuelles de 150 euros/m2 x 378 = 56.700 euros.
Les AMIS DU VIEUX FECAMP contraints à un recours auprès de Monsieur le Président du Tribunal Administratif, pourquoi ?
Notre Association aura bientôt CENT ANS. Elle a été créée le 18 novembre 1909.
Ses missions, voulues par ses fondateurs, ont été entre autres la connaissance, la protection et la sauvegarde du Patrimoine, écrit, bâti, historique, écologique. Elle les a développées en tous temps par l'organisation de conférences, de rencontres, d'échanges et d'éditions, tout au long du siècle dernier. Elle s'est efforcée de convaincre de l'intérêt majeur de conserver la mémoire du passé en s'appuyant sur une règle « connaître d'où l'on vient pour savoir où l'on va »
Elle a toujours été en recherche de concertation. Jamais elle n'a laissé apparaître à travers ses actions un caractère confessionnel ou politique. Elle s'est toujours gardée de s'associer à des actions à tendance polémique. Aujourd'hui qui peut lui faire grief d'un tempérament procédurier ?
Cependant, la situation actuelle de la Ville de Fécamp qui se trouve à un tournant de son histoire, développement touristique à travers ce qui est appelé « ses valeurs authentiques », qualité qui la différencie de ses grandes concurrentes de la Basse-Normandie, et en même temps une surface foncière disponible, comme jamais elle n'a eu, qui apparaît par la vente de terrains SNCF en centre ville, par le déplacement de l'hôpital, par le départ de l'EDF, etc. Cela implique des projets de réaménagement étudiés et concertés.
Nous sommes acquis à la mise en place d'une politique immobilière, mais par l'observation d'un plan directif d'urbanisme à 30/40 ans, évitant ainsi des erreurs par des décisions isolées pouvant répondre aux besoins immédiats mais parfois regrettés parce que trop hâtifs.
Nous nous sommes permis d'émettre des avis en éditant le Livre Blanc.
Nous souhaitons vivement que le caractère architectural de Fécamp, briques et silex qui sont les caractéristiques des valeurs authentiques de la ville, soit pris en compte, que les boucanes, témoins du travail du poisson sur une grande partie du siècle dernier soient conservées en les intégrant à des projets de réhabilitation.
C'est à ce titre que nous disons : attention !! il y a trop de béton à Fécamp, nous nous écartons des valeurs authentiques.
Nous en arrivons au problème posé par l'architecte des Bâtiments de France.
Pour justifier ses décisions contre lesquelles nous nous élevons, le Maire invoque toujours l'autorité de l'architecte des Bâtiments de France. Nous citons des exemples avec la réponse du Maire :
La dernière décision attribuée à l'A.B concerne la Boucane du 62 rue Herbeuse. Le Maire en signant le permis de démolir indique : « vu l'avis favorable de l'architecte des bâtiments de France en date du 10 décembre 2004 (nous n'avons pas le texte).
Il est indiqué par ailleurs en N.B : « L'architecte des Bâtiments de France est prêt à rencontrer » ce qui n'a jamais été fait.
Nos courriers envoyés à M. GOUDAL, architecte des Bâtiments de France, n'ont jamais reçu de réponse.
Nous sommes paralysés et inquiets pour le devenir du Patrimoine fécampois quand le Maire utilise autant le paravent de l'architecte des Bâtiments de France, lequel en même temps n'adresse aucune réponse à nos courriers, aucun signe rassurant (nous avons adressé 2 courriers à M. GOUDAL concernant ce dossier 62 rue Herbeuse)
Devant cette situation d'impuissance devant laquelle nous nous trouvons, nous avons décidé, contrairement à notre nature, de faire appel à la justice de notre pays. Cette décision est tout à fait inhabituelle. C'est pourquoi nous disons « Avons-nous franchi le Rubicon ? »
Entre les faux semblants de la Mairie, et le mutisme de l'architecte des Bâtiments de France, il nous fallait agir pour Fécamp dès demain.
Ce dossier du 62 rue Herbeuse fait apparaître trop de contradictions, trop de contre vérités pour que nous en restions au stade de « spectateurs désespérés ».
Nous ne serions pas dans le respect de l'héritage que nous ont laissé nos aînés, Membres fondateurs des Amis du Vieux Fécamp.